Mon analyse ADN, 20 mois plus tard

Temps de lecture: 5 minutes

Au printemps 2016, j’avais fait un test ADN chez Ancestry.

Depuis je regarde régulièrement la page des résultats, j’essaie de contacter de nouvelles personnes en correspondance, et chemin faisant, je fais la rencontre de nouveaux cousins plus ou moins éloignés. Et je continue à apprendre comment fonctionne cette nouvelle façon de rechercher des cousins.

La page d’accueil d’AncestryDNA a un peu changé, une nouvelle rubrique “Cercles ADN” a été ajoutée, qui permet aux cousins – au moins trois – qui partagent un ancêtre à moins de 6 générations de faire partie d’un groupe. Pour l’instant, ce n’est pas mon cas.

AncestryDNA – Page d’accueil Janvier 2018

L’estimation de mes origines ethniques n’a pas changé d’un iota, malgré quelques modifications dans l’algorythme, et une base de données plus importante, permettant d’affiner les critères. La présentation a été un peu modifiée, mais les pourcentages sont restés les mêmes.

Ancestry DNA

En fait, ce ne sont pas ces quelques changements visuels qui me font revenir régulièrement sur la page, non, ce sont les mises à jour de correspondances ADN. Je suis toujours curieuse de voir si je vais y découvrir une belle surprise. Et en deux ans, ce sont trois cousinages avérés que j’ai ainsi retrouvés. Peut-être allez vous trouver ce nombre insignifiant. Certes, il l’est en valeur absolue, mais actuellement, assez peu de Français font un test ADN – même si on en parle de plus en plus fréquemment – et mes correspondances sont pour l’instant liées à mes racines non françaises et à leurs descendants partis vivre outre-atlantique.

Alors, qui sont donc ces trois cousins avérés à ce jour ?

J’ai déjà eu l’occasion de revenir plusieurs fois – ici et – sur ce cousinage, le premier que j’ai retrouvé. C.D., ma jeune cousine, vit aux Etats Unis.

Notre couple d’ancêtres communs est Michel Firmin Billard et Marie Thérézine Moustelon, mes arrières arrières grands parents.


Ma seconde correspondance, JPA, vit lui aussi aux Etats-Unis. Nous descendons tous les deux de Paolo Marchese et d’Angela Pittaluga, nés à Gênes en Italie, immigrés en Algérie vers 1840.

JPA est un arrière petit neveu du Jean Todeschini dont j’ai parlé récemment.

Grace à ses indications et à son arbre, j’en ai appris plus sur les descendants d’Anne Marie Marchese, la soeur de mon arrière arrière grand mère, et j’ai entre autre découvert Antoine Tudesque, dont je vous parlerai prochainement.

Avec lui, comme avec C.D., j’ai pu explorer la descendance d’ancêtres que je connaissais déjà à travers mes recherches dans l’état civil d’Algérie.

 


Mon troisième cousinage avéré est aussi avec un habitant des Etats Unis, descendant d’italiens …. et nous descendons tous les deux de la famille Pittaluga, originaire de Gênes.

Giuseppe Pittaluga est en fait l’ancêtre de S.B, de JPA et le mien.

Comme l’arbre ci-dessus l’indique, il y a parenté entre JPA et SB, mais il n’y a pas de correspondance ADN entre eux. Comment puis je interpréter cette absence de correspondance entre eux, alors que clairement nous appartenons tous les trois à la descendance de Giuseppe Pittaluga? C’est là qu’il faut se rappeler qu’une absence de correspondance ADN entre deux personnes ne signifie pas qu’ils ne sont pas cousins, mais juste que dans la répartition des gênes qu’ils ont reçus à la naissance, ils n’ont pas reçu de segment comparable.

Reprenons tranquillement, à partir des explications données par Ancestry sur son site, qui sont particulièrement claires.

A la conception, le nouvel individu reçoit 50% du patrimoine génétique de son père, et 50% du patrimoine génétique de sa mère. Et le pourcentage est bien sûr divisé par deux à chaque génération. SB, JPA et moi sommes des cousins plutôt lointains. JPA. et moi avons potentiellement reçu en héritage dans nos gênes environ 1,56% du patrimoine génétique de Giuseppe Pittaluga ou de Maria Parodi, sa femme, nos ancêtres communs. Pour SB, une génération avant la notre, il en a reçu environ 3,125%.

Les calculs mathématiques indiqués dans le tableau ci-dessus sont des approximations théoriques, nous pouvons recevoir plus de tel ou tel ancêtre à chaque nouvelle génération. J’ai bien reçu 50% des gênes de mon père, mais dans son ADN à lui, les 50% des gênes de son père et les 50% des gênes de sa mère s’étaient mêlés et répartis aléatoirement sur son génome. Je peux donc avoir proportionnellement plus ou moins de mon grand père paternel et de ma grand mère paternelle, de façon totalement aléatoire, aussi bien en quantité qu’en répartition. Les segments qui sont parvenus jusqu’à moi depuis Giuseppe Pittaluga ou Maria Parodi sont quantitativement très peu nombreux. La probabilité pour que trois cousins à la génération 6 et 7 portent le même segment d’ADN au même endroit est donc très faible.

Voilà pourquoi SB et JPA n’ont pas de correspondance ADN entre eux, alors qu’on peut confirmer qu’ils sont cousins – la confirmation venant à travers le cousinage génétique qu’ils ont avec moi, et dont bien sûr je les ai tous les deux informés.

C’est en raison de cet “éparpillement” du patrimoine génétique que si vous voulez faire réellement des recherches de cousinage via les analyses ADN, on vous recommande de faire tester toute votre fratrie. Les correspondances ne seront pas les mêmes pour chacun des frères et soeurs, pour chacun des cousins germains. En faisant analyser toute votre fratrie, vous augmentez vos chances d’avoir de nouvelles correspondances.


Pour conclure cet article, je tiens à préciser que je ne suis pas biologiste, je ne suis en aucun cas une experte dans le domaine des recherches ADN. Il est possible que j’ai mal compris quelque chose, ou que je l’explique mal. Ne prenez pas ce que j’écris comme votre seule source d’information. Tout ce qui concerne l’ADN est complexe, long à appréhender, et nécessite un long processus d’autoformation.

 

Sources et liens
  • Les explications – en français – sur le site d’Ancestry concernant leurs analyses ADN sont claires et plutôt faciles à comprendre. C’est une de mes ressources préférées actuellement sur l’ADN dit récréatif
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11 commentaires sur “Mon analyse ADN, 20 mois plus tard

  1. Bonjour chère Brigitte,

    Vos réponses toujours attentionnées et appropriées m’incitent à vous poser à mon tour une question.
    Je cherche à vérifier, par test, seulement si ma grand-mère paternelle était ou non la fille de son père civil (ou bien la fille de l’amant présumé).
    Un test fait sur un homme de chaque lignée descendant de l’arrière-arrière-grand-père commun peut-il apporter la solution que je recherche ? Si oui, à qui me conseilleriez-vous de m’adresser ?
    En vous remerciant,
    Odile

    1. Bonsoir
      Question intéressante. Comment s’assurer de l’identité génétique d’un père ? :La piste des hommes est à oublier à mon avis, puisque vous n’allez pas pouvoir tester l’ADN Y que votre grand mère paternelle n’a pas reçu. Si elle avait été un garçon, vous auriez pu effectivement tester un descendant male de cet arrière grand père, et un descendant male des eventuels grands oncles, frères du grand père, avec un test génétique Y. Si il n’y avait pas eu concordance, on aurait pu déduire un accroc dans le contrat quelque part dans une lignée. Mais là on ne peut pas.
      Après reflexion, il pourrait être possible de passer par l’analyse autosomale. Si votre grand mère avait des frères et des soeurs qui ont des descendants, on doit pouvoir utiliser un test autosomal. Le mieux serait de tester trois descendants de trois lignées issues de l’arrière grand père officiel, et le summun serait aussi de tester un descendant de l’amant présumé. Il y a en théorie pour chaque individu une portion représentative de l’ADN de ses grands parents dans l’ADN autosomal. Donc si le descendant testé de votre grand mère n’est pas une correspondance avec aucun des deux descendants des grands oncles ou tantes, c’est louche …. Et si il y a correspondance avec le descendant de l’amant, la preuve génétique est presque faite. Il faut bien sûr prendre tout ca avec des pincettes 🙂 et du recul …. et trouver le budget et les volontaires. Bon courage, et aventure intéressante, tenez nous au courant
      J’espère ne pas vous avoir dit de bêtise 🙂
      Brigitte

      1. Merci à vous, chère Brigitte, pour cette réponse très circonstanciée, j’apprécie votre talent de pédagogue. Cela étant, c’est l’Aventure, comme vous dites, il faudrait que je remplisse beaucoup de cases pour que le test autosomal ait quelque chance d’aboutir. De plus, je crains de ne pas pouvoir réunir tous les individus nécessaires. Ma grand-mère n’avait que 2 soeurs et son père n’avait qu’une soeur. Quant à l’amant présumé, je n’ai pas le moyen pour l’instant de retrouver quelque descendant vivant.
        En bref, votre réponse a le grand mérite de me permettre d’y voir un peu plus clair, et de rengainer quelques-unes de mes illusions. C’est-pas-une-p’tite-affaire…
        Avec mon meilleur souvenir.

  2. Bonjour,

    J’aimerai beaucoup faire un test ADN mais je me pose beaucoup de questions:

    – Pour connaitre les origines du côté paternel alors que mon père est décédé et n’ayant pas de frère
    Un cousin germain du côté de mon père fera t il l’affaire ?

    _ Est il possible de faire un test chez ancestry je suis Française?

    – Combien avez vous payez ?

    Je vous remercie par avance

    1. Bonjour
      Pour Ancestry, malheureusement ils n’envoient pas le kit d’analyse en France. J’espère que ca changera bientôt, c’est vraiment dommage. Pour l’instant, en France, on peut passer par FTDna – par lesquels je suis passée – ou par quelques autres. Un test autosomal tourne autour de 80 euros, il faut surveiller les promotions.
      Après, il faut surtout bien réfléchir à ce qu’on veut savoir, et partir du principe qu’on n’aura pas de réponse claire et précise, qu’on a de fortes chances d’être déçu.
      Si vous voulez connaitre l’haplogroupe de votre lignée paternelle, c’est à dire l’origine en suivant la lignée de fils en père jusqu’à son début, il faut faire un test de l’ADN Y. Sachez bien que cette recherche n’apporte pas vraiment de correspondance ou de nouveau cousinage, et elle coute assez cher. Mais si c’est cette recherche qui vous intéresse, un oncle paternel ou un cousin germain du côté de votre père est effectivement la personne à faire tester.
      Bonnes recherches

  3. En fait, il ne sert à rien de faire une analyse ADN pour toute la fratrie : si la mosaïque d’ADN parental est effectivement remaniée d’un frère à l’autre, le pourcentage de correspondance reste énorme. Du point de vue génétique, les membres d’une fratrie sont les êtres les plus proches (au-dessus, il y a les jumeaux bien entendu). Du coup, pour gagner en profondeur d’analyse, c’est plutôt les ancêtres vivants les plus anciens qu’il faut analyser en priorité (ex: les 4 grands-parents plutôt que 4 frères/soeurs). Ca permet de diminuer d’autant de génération la distance avec les cousins potentiels puisqu’il y a un nombre de générations limite en terme de détection (au-delà d’un cousinage au 5ème degré, ça ne sert à rien de spéculer sur un éventuel cousinage à moins que tout ce petit monde a fait un travail de généalogie important). C’est mon problème pour mon analyse ADN : je suis un métis intra-européen (Aude, Nord, Mayenne, Belgique, Pologne, etc.) issu notamment de la diaspora polonaise des années 20. Pour retrouver le plus d’ancêtres possible, il aurait fallut que je fasse l’analyse ADN de ma grand-mère polonaise qui “intègre” dans son génome l’ensemble l’héritage polonais. C’est important ou du moins rentable de bien choisir qui se fait analyser. Par exemple dans une fratrie avec un frère, c’est inutile de faire analyser l’ADN des soeurs (l’ADN Y est chez le frère, l’ADN mitochondrial aussi et l’ADN autosomal est le même à un poil près). En l’occurrence, vous auriez économisé 70-90 € d’analyse.

    1. Bonjour et merci pour votre réponse
      Sur le principe je suis d’accord avec vous, il vaut mieux faire analyser l’ancêtre vivant le plus ancien de notre lignée. Mais en pratique, dans mon cas, seule maman est encore de ce monde, et j’ai fait analyser son ADN, mais chez FTDna, qui est beaucoup moins efficace au niveau correspondances – parce que la plupart du temps, il n’y a pas d’arbre en ligne …. Or mes correspondances sont toutes actuellement du côté de mon père et du coup en faisant analyser mon frère et ma soeur en plus de moi, j’augmente un tout petit peu mes chances je crois ….

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