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Retrouver une branche inconnue grâce à l’ADN – 5

Ecrit par

Brigitte Billard

Publié le

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Etape 4 – Toutes mes recherches ne seront pas couronnées de succès ….. tout de suite 2




Retrouvez les articles précédents :


Dans la première partie de cet article, je vous expliquais que deux des plus importantes correspondances ADN de mon mari, MS, sur MyHeritage, concernaient deux jeunes femmes, Christi et Cami, habitant toutes les deux aux Etats Unis, avec entre elles une correspondance de 433,7 cM, ce qui indiquent qu’elles sont probablement cousines issues de germain. Sur le chromosome 6 de MS, MyHeritage fait état d’une triangulation entre 5 personnes : MS, Christi, Cami, Bryant et Claudia, ce qui indiquent qu’ils descendent tous les cinq d’un même couple d’ancêtres. En retrouvant le lien – plutôt proche – entre Christi et Cami – et en remontant les arbres ascendants de ce premier couple d’ancêtres, j’aurai une piste à remonter – jusqu’au couple d’ancêtres partagé avec MS.

Ca c’est la théorie, mais qu’en est il en pratique ?

Quick and dirty, ou l’arbre vite fait, sur le coin de la table

Pour retrouver un cousinage, les experts recommandent d’utiliser un arbre différent du sien, un arbre qu’on va monter rapidement, en récupérant/copiant des informations sur les bases de données en ligne, sans vraiment vérifier les informations, sans les sourcer, sans perdre de temps. Le seul objectif est de retrouver une connection entre deux personnes, trois personnes, et ensuite de pouvoir dans son arbre refaire correctement cette recherche et cette mise en relation.

J’ai donc créé dans mon compte Ancestry – qui admet autant d’arbres qu’on veut, ou presque, et heureusement, vu que l’abonnement est plutôt onéreux – un arbre que j’ai appelé Q&D MS Tree, et qui n’apparait pas dans les critères de recherche de la base de données. Cette privatisation est particulièrement importante, puisqu’il ne s’agit que d’hypothèses, d’une construction à la va-vite.

Dans les données de Christi, il n’y a pas grand chose, à part son nom de naissance. Son profil ADN est géré par sa belle-soeur, que j’ai contactée et qui m’a expliqué que l’arbre – privé – mis en ligne sur MyHeritage ne concernait que le mari de Christi et la famille de ce mari. Quant à l’arbre de Cami, il est totalement privatisé au niveau de sa génération et de celle de ses parents, oncles et tantes. Je l’avais contactée avant le transfert dans MyHeritage, elle s’était dite intéressée par mes recherches, mais je souhaitais en savoir plus avant de la contacter à nouveau. Le taux de réponse de vos correspondances ADN est plus important si vous apportez des éléments de solution sur votre lointaine parenté.

J’ai donc cherché si je trouvais Christi, avec les quelques éléments que j’avais, sur les réseaux sociaux – Facebook et LinkedIn – , et j’ai fini par la retrouver, elle et sa famille. En utilisant dans Ancestry les avis d’obsèques – Obituaries – très souvent très complets, indiquant les noms des membres de la famille, j’ai pu relier Cami et Christi et trouver leur couple d’ancêtres communs, Albert Miller et Louisa Faser. Tout ce travail m’a pris une journée entière de recherches.

Le schéma ci-dessus indique la parenté retrouvée entre Cami et Christi et les relations génétiques que partagent les 5 personnes de la triangulation trouvée chez MyHeritage.

Les lignées ascendantes d’Albert Miller et Louisa Faser m’emmènent en Ukraine, autour d’Odessa, mais jamais à Odessa, et pour l’instant je ne trouve aucun patronyme qui corresponde à l’arbre de MS.

Mon hypothèse à ce stade de ma recherche est une correspondance avec la branche paternelle d’Adele, la famille Kühner, pour laquelle je ne connais rien de Christina Wagner, la grand mère d’Adèle.

Le site d’Ancestry ne propose pas de triangulation des correspondances partagées. Malgré tout, il est utile de consulter les correspondances partagées trouvées avec Cami et MS dans sa base de données, qui ajoute potentiellement six nouvelles personnes au cercle familial très élargi : Gerold, E.H, Erika, Courtney, Helen et S.C.

Gerold a un arbre sur Ancestry, suffisamment complet pour que j’y trouve, au niveau de ses grands parents, le couple Albert Miller – Louisa Faser. Ma piste se confirme. Je peux donc compléter mon schéma en ajoutant Gerold, apparemment l’oncle de Cami et le grand oncle de Christi, une piste que je vérifierai prochainement auprès d’eux.

Mais je ne trouve pas de trace d’Albert et Louisa dans les arbres des autres correspondances communes. De plus, Ancestry ne donne pas l’indication des centimorgan partagés entre chacun des correspondants, et ne permet dont pas d’en déduire des liens entre eux.

Le principe des correspondances communes est expliqué par Ancestry, et il importe d’être prudent et ne pas faire de contresens. Voici quelques extraits de ce qu’explique Ancestry.

La liste des correspondances partagées affiche les correspondances ADN que vous-même et une autre correspondance ADN avez en commun. Elle pourrait vous aider à déterminer la lignée familiale que vous partagez ou vous présenter d’autres preuves que vous êtes lié à une personne ou à une correspondance en particulier. 

Il est important de se souvenir que vous-même, votre correspondance et votre correspondance partagée n’avez pas nécessairement le même ancêtre commun. Bien que vous correspondiez tous les trois l’un avec l’autre, il est peu probable que vous partagiez tous les trois le même fragment d’ADN correspondant (vous correspondez probablement l’un avec l’autre à divers endroits du génome).

Dans mon exemple, les personnes triangulées trouvées sur MyHeritage et par déduction Gerold, trouvé dans les correspondances partagées sur Ancestry, partagent tous le même segment d’ADN sur le chromosome 6, hérité d’un ancêtre commun, quelque part dans l’ascendance soit d’Albert Miller, soit de Louisa Faser.

Schéma de parenté probable à partir des personnes triangulées via l’analyse MyHeritage

Voici ci-dessous un petit schéma explicatif fait avec les correspondances partagées de MS. Vous y voyez qu’on sait que sur le chromosome 6, grâce à l’analyse MyHeritage, MS, Cami et Gerold partagent un même segment – et descendent donc du même ancêtre quelque part dans le passé. Sur un autre chromosome, non précisé puisque ce n’est pas une donnée présentée par Ancestry, MS et Courtney partagent un segment de chromosome, les reliant à un autre couple d’ancêtre. Sur un troisième chromosome, ou sur le même, Cami et Courtney partagent un segment de chromosome, qui indique un troisième couple d’ancêtres, qui cette fois ne sont pas forcément les ancêtres de MS. Mais comme Courtney apparait dans la liste des correspondances individuelles de MS et de Cami, elle est dans la liste des correspondances partagées indiquées par Ancestry.

La notion de correspondance partagée proposée par Ancestry ne signifie pas que les personnes partageant une correspondance ont obligatoirement le même couple d’ancêtres en commun. C’est possible, mais ce n’est pas obligatoirement le cas. En revanche, à travers la fonction de triangulation proposée par MyHeritage, on est bien sur la notion d’ancêtres communs pour les personnes triangulées.

Ne laisser de côté aucune piste potentielle

L’étude des autres correspondances communes à Cami et MS sur Ancestry m’a pourtant permis de faire une découverte supplémentaire.

Il n’y a aucun moyen d’avancer sur la correspondance avec S.C, qui n’a même pas d’embryon d’arbre généalogique en ligne, et la personne qui gère son compte ne s’est pas connectée depuis plus de 2 ans. Inutile de perdre mon temps. Le constat est identique pour Erika, dont l’embryon d’arbre est privé, et qui ne s’est pas connectée depuis septembre 2017. Elle n’a visiblement pas d’intérêt pour la chose généalogique, et retrouver un lointain cousin n’est probablement pas une priorité pour elle.

En revanche, après plusieurs heures de travail, et un brin de chance, j’ai retrouvé la connection et le couple d’ancêtres communs entre Helen, Courtney et E.H.

Reconstitution de l’ascendance commune de trois des correspondances de MS

On peut en déduire que Helen, Courtney et EH ont une correspondance triangulée, sur un segment de chromosome que j’ignore, puisque cette donnée ne m’est pas communiquée par Ancestry. On peut aussi logiquement extrapoler que l’ascendance de MS a un lien avec le couple Georg Michael Barnhart – Dorothea Maria Stoltz et qu’il est le descendant soit de ce couple, soit d’un ancêtre assez proche de l’un des deux.

Que sait on des couples d’ancêtres communs les plus proches trouvés pour les correspondances de MS ?

Comme je l’ai déjà évoqué, Albert Miller et Louisa Faser sont originaires de Crimée.

Albert Miller est né à Kronental en novembre 1897, c’est son arrière grand père Johann Georg Miller/Müller qui avait fait le voyage depuis Sandhausen, dans la région d’Heidelberg, dans le Würtemberg. Albert, son père et ses frères, ont quitté la Crimée pour les Etats Unis au tout début du 20ème siècle.

Louisa Faser est née à Grossliebenthal, dans la région d’Odessa, en 1904. Les patronymes de ses parents et grands parents sont clairement à consonnance allemande, et Grossliebenthal, où les deux générations précédentes vivent, est un des villages de colonisation allemand de la région, depuis le début du 19ème siècle. Les origines sont probablement allemandes, sans que je puisse davantage remonter cet arbre.

Logiquement, s’il y a un rapport entre les ancêtres de MS et les ancêtres d’Albert Miller ou Louisa Faser, c’est dans la branche paternelle de MS que je vais la trouver, plus précisément dans la branche de sa grand mère Adele Kühner – ancêtres originaires de Stuttgart installés à Odessa.

Qu’en est il du couple Georg Michael Barhnhart et Dorothea Stolz?

Sur le site Find a grave, j’apprends que George Michael Bernhart est né le 2 juillet 1821 à Schwabwiller, dans le Bas-Rhin, en Alsace. Vers 19 ans, donc vers 1840, il quitte l’Alsace pour émigrer aux Etats-Unis. En 1847, il épouse Dorothea Stoltz, née elle aussi en Alsace, à Kutzenhausen, le 31 janvier 1827.

Les actes de naissance sont bien présents dans les documents en ligne des archives du Bas Rhin, et la généalogie aux Etats Unis du couple semble tenir la route, et être sourcée.

Mais l’Alsace ? Vers 1820 ? Sérieusement ?

La branche paternelle de MS n’a absolument rien à voir avec l’Alsace …. enfin, rien dont j’ai connaissance à ce jour.

En revanche, la branche maternelle de MS, les ancêtres de Marie Jeanne Jung, arrière grand mère de MS, sont en partie alsaciens, et aussi en partie allemands, du Würtemberg. Pour l’instant, le nom de Stoltz n’apparait pas dans l’arbre de Marie Jeanne Jung, mais le nom de Bernhard y est présent …. mais tellement loin que je ne peux pas croire qu’il y ait un rapport.

Et surtout, comment pourrait il y avoir un rapport entre la branche maternelle de mon mari, en Alsace, et sa branche paternelle, en Ukraine ? Qu’est ce que c’est que ce gallimatias ? Où ai-je mis les pieds ? …..

Définir un nouvel axe de recherche

Je suis pour l’instant intellectuellement bloquée sur cette recherche. Je ne m’attendais absolument pas à retrouver, à partir de correspondances partagées d’ADN, des pistes pointant à la fois vers l’arbre paternel et l’arbre maternel de MS. C’est tellement improbable qu’il faut que j’envisage que j’ai raté une étape dans mon raisonnement.

Mais je ne peux pas renoncer, ma curiosité est maintenant trop forte.

Quels sont les axes de recherche que je vais suivre ?

Je vais explorer l’arbre en France de George et Dorothée, voir s’il n’y aurait pas eu un frère, un oncle, parti pour le Wurtemberg, puis la Crimée.

Je vais contacter Helen, Courtney et E.H. pour leur envoyer leur parenté – qu’elles connaissent peut-être déjà – et leur demander si elles peuvent transférer leurs données vers MyHeritage, ou vers le site gratuit Genesis, pour qu’on puisse utiliser les outils de triangulation.

Je vais contacter Cami pour lui envoyer les résultats de mes recherches, peut-être aura t’elle une information qui m’a échappé et y mettrait un peu de sens.

Je vais mettre en place un tableau pour suivre mes recherches sur le plan généalogique, pour savoir si d’autres nouvelles correspondances partagées ou de nouvelles triangulations viennent éclairer ce mystère.

Et je vais espérer trouver une piste, un indice, une nouvelle correspondance, un acte, bref un élément quelconque qui me permettra un jour peut-être de résoudre cette énigme.

Bref, je vais faire de la généalogie.

L’analyse ADN au service de la généalogie est un outil de généalogie, un de plus, comme les bases indexées, les archives en lignes, ou les arbres partagés. Elle vous aide à trouver une relation, elle va vous ouvrir des pistes de recherche, mais elle vous donnera rarement à elle seule une solution immédiate et définitive.

Sources et liens


Une réponse à “Retrouver une branche inconnue grâce à l’ADN – 5”

  1. C’est absolument passionnant ! Je comprends que tu puisses passer des heures dans ces recherches qui mêlent génétique, histoire et généalogie.
    J’espère que tout va se décanter et que tu trouveras la solution à cette double énigme alsaco-ukrainienne !

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