M comme Marine

Jusqu’au début du XXe siècle, on se mariait dans son monde : dans son village, dans le milieu social de ses parents, dans sa famille élargie … La rencontre romantique du prince et de la bergère n’était pas de circonstance. Cette endogamie que je retrouve dans les campagnes dans mon arbre, je l’ai aussi retrouvée à Paris, et j’ai fini par comprendre que si je trouvais autant de chirurgiens et de professionnels de la Marine Royale, ce n’était pas un hasard.

Se retrouver plongée dans le milieu de la Marine quand on étudie une famille à Paris, avouez que ca ne manque pas de sel …. Qui sont donc ces “marins” qui ont touché terre au milieu de mes parisiens ?

Jean de Valossière

n’est pas vraiment un marin à proprement parler, mais il travaille dans le domaine de la marine auprès de Colbert dans les années 1680. Voici une courte biographie de lui, trouvée sur Gallica.

VALOSSIERE (Jean DE), ancien commis de Colbert au département de la Marine, procureur du Roi au recouvrement des deniers du provenu des prises en Provence et Languedoc, le 14 novembre 1685, contrôleur général de la Marine en 1690, fut nommé secrétaire du Conseil de commerce par arrêt du Conseil du 4 octobre 1700, en remplacement de Cruau de la Boulaye, correcteur des Comptes, décédé avant la séance d’ouverture du Conseil, qui eut lieu le 24 novembre. Un arrêt du 29 septembre 1718 accorda à Guéau de Pouancey, avocat au Parlement, la survivance de l’emploi de Valossière, à condition que, sur les 10 700 livres touchées par celui-ci à titre d’appointements et de frais, il payerait à M. de Valossière une pension viagère de 5 500 livres et, à la mort de celui-ci, une de 1 500 livres à Mme de Valossière. Le 31 décembre 1720, Valossière, “ne se trouvant plus en état, par ses incommodités, de continuer ses fonctions avec la même assiduité”, les remit à Guéau de Pouancey. Il mourut sans doute peu de temps après, et fut enterré à Saint-Eustache. […] Sa femme lui survécut jusqu’en mai 1731. Par son testament, en date du 22 septembre 1730, elle demandait à être enterrée auprès de son mari, et elle choisissait pour exécuteur testamentaire le sieur Malo, secrétaire du Roi, ci-devant fermier général et trésorier de l’Extraordinaire des guerres, en lui laissant le tableau de la Charité romaine de Sébastien Bourdon.
Mathurin Goret

est l’époux d’Anne Crelot. dans les actes que j’ai trouvés jusqu’à présent, il est toujours absent. Il occupe le poste d’ingénieur hydrographe à Toulon, et il est séparé de biens d’avec son épouse. Je vous ai déjà parlé de lui l’année dernière ici. Depuis, j’ai trouvé dans l’inventaire après décès d’Anne Crelot la mention de son décès.

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Item deux pieces, la premiere est l’extrait mortuaire […] sieur Goret du vingt neuf juin mil sept cent huit delivré par le sieur Galmas
pretre le vingt deux novembre suivant
La seconde est estrait delivré par le sieur Daumas Greffier de la marine
du Levant le vingt huit juin mil sept cent huit contenant l’inventaire des
effets laissés par ledit deffunct sieur Goret

A partir de ce renseignement, j’ai trouvé dans les registres paroissiaux de Sainte Marie à Toulon l’acte de sépulture de Mathurin Goret, nommé dans l’acte Mathurin Garret, maitre mathématicien âgé de 62 ans, sans aucune autre indication de parenté.

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Malheureusement, je n’ai encore rien pu trouver concernant la carrière ou la filiation de Mathurin Goret.

Jean Isarn de Montclair

est le gendre de Mathurin Goret, et le neveu par alliance de Jean de Valossière. Je vous ai déjà parlé de lui et de sa famille ici.

David Bérard

est l’oncle de Jacques Philippe Bérard. Dans un des actes le concernant, dont je n’ai pas encore terminé le dépouillement, j’ai noté qu’il avait été chirurgien de marine avant d’officier à Paris, comme chirurgien juré.
Un administratif grand commis de l’Etat, un scientifique enseignant dans une école d’officiers, ancêtre de la célèbre Ecole Navale, un capitaine de vaisseau, un chirurgien de marine, quelle belle diversité pour ces “marins” de mon arbre généalogique au 18ème siècle. J’aurais bien aimé y trouver aussi un corsaire, mais aucun indice ne m’autorise à l’espérer.

Sources et liens

 

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