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V comme Viking

Ecrit par

Brigitte Billard

Publié le

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En avril 2015, après avoir longuement réfléchi et essayé de me documenter sur les tenants et aboutissants des tests ADN en généalogie – qui je vous le rappelle ne peuvent pas être effectués en France – j’ai sauté le pas.

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J’ai choisi de passer par FamilyTreeDNA en particulier en raison de leur importante base de données.

Après avoir lu un certain nombre d’articles, et écouté Cece Moore expliquer l’intérêt des analyses ADN autosomiques, c’est donc la version complète du test que j’ai commandée, et c’est mon frère, avec lequel je partage la totalité de mes ancêtres, qui a accepté de se prêter au jeu. Si j’avais fait le test sur moi, je n’aurais pu tester que mon ADN autosomique et ma lignée maternelle, sans aucune possibilité de tester ma lignée paternelle, portée uniquement sur le chromosome Y, que je ne possède pas.

Je croyais savoir à peu près où je mettais les pieds, maintenant je me rends compte à quel point j’étais naïve.

Le 9 juin, un mail m’informait que certains résultats étaient disponibles.

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Seuls les résultats de l’analyse de l’ADN autosomique étaient arrivés.

Mais qu’est ce que l’ADN autosomique et que puis je en apprendre ?

Chacune des milliards de cellules de notre corps contient notre patrimoine génétique dans sa totalité. C’est ce qu’on appelle ADN, pour Acide DesoxyriboNucléique. Dans le noyau de la cellule se trouve l’ADN chromosomique, constitué d’ADN autosomique, d’ADN chromosomique X et d’ADN chromosomique Y – mais uniquement pour les garçons. A l’extérieur du noyau, toujours dans la cellule, on trouve l’ADN mitochondrial. L’ADN chromosomique X vient de notre mère, l’ADN chromosomique Y passe de père en fils, uniquement, l’ADN mitochondrial n’est transmis que par la mère, exclusivement, de mère à enfant, et l’ADN autosomique lui vient de nos deux parents. Il contient donc pour simplifier l’origine ethnique de la totalité de notre arbre génétique, mais sans qu’on puisse savoir quelles branches y sont représentées.

Le souci, c’est que chaque société qui teste actuellement l’ADN à des fins génétiques utilise une grille de lecture plus ou moins différente pour lire les résultats obtenus. FamilyTreeDNA, la société par laquelle je suis passée, fait une correspondance remontant dans le temps bien plus avant que celle faite par d’autres. En gros, leur résultat me donne des origines de mon arbre il y a 5000 ans voire plus. Bon, pas sûr que ca m’aide bien, et surtout je n’avais pas vraiment compris, mais ça peut être intéressant, intellectuellement parlant.

Les résultats se composent de quatre éléments : une synthèse graphique, des fichiers de milliers de ligne représentant l’analyse, que l’on peut ouvrir avec un tableur, mais qui sont totalement illisibles pour un non spécialiste, une liste de cousins potentiels au 5ème, 6ème degré ou au delà, et la possibilité de voir sur un graphique quel petit bout de chromosome vous avez en commun avec ledit cousin.

Voici à quoi ressemble la synthèse graphique de mes origines, selon FamilyTreeDNA

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25% de sang scandinave, quand même ….. Autant l’Europe du Sud et un peu plus bas me parle par rapport à ce que je sais de mon arbre, autant la Scandinavie me perturbe.

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Comment puis je donc avoir des origines scandinaves, moi dont les plus vieux ancêtres connus à ce jour ne sont pas allés plus au Nord que Cholet, dans le Maine et Loire. Et où sont tous mes Poitevins, 50% quand même de mes origines connues ? Avouez que c’est perturbant.

Rappelons à ce niveau que ce test nous emmène très loin dans le temps, avant même le peuplement de la Gaule. Et comme je le disais, impossible de savoir quelles sont les branches qui sont représentées dans cette analyse.

FamilyFinder me trouve une bonne quarantaine de cousins potentiels, mais la plupart sont aux Etats Unis – sans grande surprise, pour l’instant c’est là que les analyses ADN généalogiques ont le plus de succès. Je doute que mes pseudo cousins puissent m’aider à remonter une branche quelconque, ce sera plutôt moi qui pourrai peut être les aider à remonter une origine européenne. Pour l’instant, personne ne m’a contactée.

En furetant sur internet, j’ai découvert un site, GEDmatch.com, qui à partir des fichiers d’analyse vous propose une analyse plus fine, à partir d’autres bases de données constituées par des passionnés. J’ai testé leur service – gratuit, et voici quels résultats j’ai obtenus.

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Les proportions ici sont un peu différentes, beaucoup plus d’Europe du Nord, mais globalement on reste sur des origines plutôt européennes.

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Cette analyse n’est pas faite sous le même angle, ce qui rend les choses encore moins simples à comprendre. La proportion d’Européens y est malgré tout majoritaire, et je ne vois plus mes Vikings.

Allez, encore une petite exploitation graphique du même fichier, sur une autre base de données.

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Ici encore, beaucoup d’Européens, cette fois ci de l’ouest – mais ca correspond à quoi ? du méditerranéen, de l’Afrique du Nord et un peu d’Asie ….

Je vous ferai grâce des autres analyses, qui m’ont encore plus perdue.

Quelles conclusions tirer de tout cela ?

  • J’aurais dû passer plus de temps à essayer de comprendre ce qu’il y avait dans l’analyse FamilyFinder avant de passer commande du kit : quelles périodes, quelles méthodes ? Peut être aurais je préféré avoir une situation de mes origines autour de l’an 800, comme j’ai compris qu’une autre société américaine le faisait. J’imagine que cela aurait été plus parlant pour moi.
  • Je n’aurai le résultat des tests sur ma branche maternelle – et uniquement maternelle – que dans plusieurs semaines, et peut être même plus lontemps pour ma branche paternelle. J’espère que je comprendrai alors mieux les résultats reçus, sachant qu’une seule lignée sera alors analysée. Mais je ne suis pas que le produit de la lignée des chromosomes Y de mon père, ou de l’ADN mitochondrial de ma mère. De plus ce sont des lignées que je remonte jusqu’au début du 17ème siècle en suivant la trace du papier, et ce n’est pas là que sont mes questionnements.
  • Depuis que j’ai reçu ce fichier, j’ai envie de tester mon ADN autosomique personnel, pour comparer les résultats avec ceux de mon frère. Par curiosité, pour savoir si toutes ces analyses sont juste totalement non pertinentes, par manque de recul, manque de données, manque de moyens, que sais je encore, ou s’il y a un début de piste.
  • Mes connaissances sur les migrations de population en Europe sont proches du néant, il est temps que j’essaie de me documenter, même s’il vaut mieux laisser l’interprétation des résultats à des spécialistes qui consacrent leur vie à cet aspect de la recherche.
  • Je vais ressortir les cours de mon professeur à la Sorbonne, Régis Boyer, spécialiste des Vikings …. Il faut que j’en sache plus sur mes ancêtres non ? Et au fait, vous ne trouvez pas bizarre, vous, que j’ai  pris des unités de valeur sur la culture et la langue scandinave pendant trois ans, alors que j’étudiais l’allemand ? Et si c’était mon ADN viking qui m’y avait poussé ? …..

 

 


8 réponses à “V comme Viking”

  1. Caroline

    Salut!

    Je suis du Québec(Canada) et j’ai effectué aussi mes test adn avec ancestry. À ma grande surprise j’ai aussi 26% de scandinave et 24% italien/grecque et plusieurs autre pourcentage. C’est assez surprenant! Je me demande aussi quel ancêtre dans ma famille aussi proche à cette adn du côté maternel et paternel. Pourtant j’ai acces à mon arbre généalogique du Québec avec les noms des premiers colons Européen mais il vient tous de France. Il faut croire que c’est encore plus loin!

  2. Article très intéressant qui donne envie d’essayer !
    Choisir la culture et la langue scandinave… c’est un curieux hasard… ou autre chose 😉
    Bonne continuation,
    Sandra

  3. En 820, Noirmoutier est attaquée par les Vikings. En 843, les ces derniers prennent, pillent et incendient Nantes. Une partie de la population est massacrée dans la cathédrale. Les Normands ravagent alors la région au sud de la Loire (pays de Retz) puis se réfugient dans une île (Yeu ou Noirmoutier) où ils hivernent pour la première fois.
    L’année d’après en 844, les Vikings remontent la Garonne jusqu’à Toulouse et s’emparent même de Bordeaux en 848 !
    Une de vos ancêtres a peut-être « rencontré » un de ces vikings pour donner naissance à un garçon qui a donc transmis ses gênes à ses descendants…
    + d’infos ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_des_invasions_vikings

    1. Brigitte

      en fait les données qui sont analysées le sont sur une période bien antérieure, entre 5000 et 10000 ans, comme l’explique le forum du site FamilyTreeDNA. Donc mes résultats n’ont en théorie rien à voir avec les invasions vikings dont on a la trace. D’où mes interrogations 🙂 En tout cas, merci pour le commentaire, et pour le lien. Je vais bien voir si je trouve aussi des Vikings dans la lignée maternelle de ma maman, poitevine des environs de parthenay depuis 1650. Si oui, je me poserai des questions différentes 🙂

  4. Si j’ai bien lu la légende d’une des illustrations, on vous donne même des ancêtres amérindiens. Il est possible en effet que les Vikings d’Erik le Rouge aient accosté en Amérique du Nord…

    1. Brigitte

      oui j’ai vu les Amérindiens, et je pense que c’est effectivement cette piste qu’il faut suivre 🙂 Voilà, en fait je descends d’Erik le Rouge 🙂 …. Il y a des graphiques aussi qui comparent le fichier à des ossements préhistoriques analysés, presque incompéhensible pour moi, mais impressionnant

  5. Article passionnant ! Je n’ai pas sauté le pas et ne sais pas si un jour j’aurai recours à ce type de société mais force est de constater à quel point c’est intéressant. Les données ne sont certes pas très précises – comment le pourraient-elles ? – mais ô combien stimulantes…
    Hâte d’en savoir plus !

    1. Brigitte

      Merci, moi aussi j’ai hate, surtout que ma lignée paternelle est de l’Aude, et que je prétends – pour rire – descendre des artistes de Lascaux …. Plaisanterie mise à part, ces analyses sur une seule lignée permettent de mieux comprendre les chemins de peuplements de l’Europe. Les analysique autosomiques sont à mon avis beaucoup trop générales pour donner des indications « fiables »

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