Faire de la gĂ©nĂ©alogie sans remettre en perspective la vie de ses ancĂŞtres par rapport Ă l’Histoire, celle qu’on apprenait en classe de mon temps, avec des dates, des faits, des successions de rois et de ministres, de rĂ©volutions et de guerres, c’est possible, mais ce n’est pas ma conception de la gĂ©nĂ©alogie.
Parallèlement, la ligne de vie pour mieux apprĂ©hender l’existence d’une personne est un outil des plus pratiques.
Mais comment faire si on veut s’y retrouver dans la vie de plusieurs personnes, sur plusieurs gĂ©nĂ©rations, et en inscrivant les Ă©vĂ©nements qu’on connait dans un contexte historique plus large ? Avec mes parisiens du XVIIIe siècle, c’est une question que je me suis beaucoup posĂ©e. Comme je travaille surtout Ă partir d’actes notariĂ©s, ce sont des indices qui permettent de reconstituer la vie d’une personne, et pas forcĂ©ment des indices qu’on trouve dans un acte qui le concerne. C’est parce qu’il est prĂ©sent Ă tel acte et que son Ă©pouse est veuve sur un autre un an plus tard qu’on rĂ©ussit Ă prĂ©ciser une pĂ©riode pour sa mort.
Après plusieurs essais, j’ai mis en place depuis la fin de l’hiver un tableau qui me permet de mieux mettre mes parisiens en perspective, et comme je m’y attendais, je me suis rendue compte de certains Ă©lĂ©ments qui m’avaient jusqu’alors Ă©chappĂ©s.
Voici Ă quoi ressemble ce tableau, que je vous propose en tĂ©lĂ©chargement en fin d’article si certains veulent utiliser ce modèle. Le lien vous conduit vers un Tableau sur Google Sheets en lecture seule, qui vous permettra de mieux apprĂ©hender l’ensemble.
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Chaque colonne reprĂ©sente une annĂ©e, et les annĂ©es sont groupĂ©es par dĂ©cennie, pour s’y retrouver plus facilement. En haut du tableau, j’ai indiquĂ© les pĂ©riodes des diffĂ©rents règnes, qui me donnent une indication qui fait sens pour moi. J’aurais bien ajoutĂ© d’autres informations, comme les guerres, les Ă©vĂ©nements marquants, mais sur une aussi longue pĂ©riode, ca rend la lecture du tableau trop compliquĂ©e.
Ensuite je reporte les actes que j’intègre dans le tableau, au niveau de l’annĂ©e oĂą l’acte est passĂ©. Puis, pour chacun des individus concernĂ©s dans l’acte, inscrits dans la partie basse du tableau, j’indique s’ils sont prĂ©sents ou vivants lorsque l’acte est passĂ©, en colorant la cellule en rouge, ou s’ils sont dĂ©jĂ morts, en la colorant en vert, si je ne connais pas encore la date de leur mort. Le but est de prĂ©ciser une pĂ©riode d’existence, donc si je sais dĂ©ja que François Lebois Duclos est mort – le 31 octobre 1719 Ă Saint Domingue – quand sa fille Marie ThĂ©rèse Ă©pouse Henri Devienne le 19 juillet 1731, je n’indique rien dans la case de François.
En revanche, j’indique en rouge que sont prĂ©sents : Louise Deshayes, grand mère paternelle, veuve, Anne Crelot, grand mère maternelle, veuve, Anne AngĂ©lique Goret, Marie Leclerc, mère de l’Ă©poux, veuve, non prĂ©sente, Catherine Lebois Duclos, soeur de l’Ă©pouse, cĂ©libataire, et quelques autres. Et j’indique en vert, comme Ă©tant morts avant cette date, Etienne Devienne, père de l’Ă©poux et Louis Lebois Duclos, grand père paternel de l’Ă©pouse. Je n’ai rien indiquĂ© concernant Mathurin Goret, grand père maternel de l’Ă©pouse, parce que j’ai dĂ©jĂ trouvĂ© dans un acte datĂ© de 1727 qu’Anne Crelot Ă©tait veuve.
Vous voyez le principe, par touches successives, je vais cerner les pĂ©riodes de vie de ces aĂŻeux avec qui je joue Ă cache cache. C’est en utilisant cette mĂ©thode que j’ai trouvĂ© que Louis Lebois Duclos est mort entre 1720 et 1731. La pĂ©riode est large, mais je vais peut ĂŞtre pouvoir la prĂ©ciser plus tard, pour chercher un inventaire après dĂ©cès avec plus d’efficacitĂ©.
Ne nous voilons pas la face, c’est long et complexe, et je ne jouerais sĂ»rement pas Ă ca si j’avais une possibilitĂ© de mettre la main sur des registres paroissiaux. En fait, si j’avais les registres paroissiaux, comme pour mes branches oĂą j’en dispose, je ne me serais penchĂ©e sur les actes notariĂ©s qu’après avoir eu une idĂ©e plus prĂ©cise des familles que j’Ă©tudiais. La situation particulière de Paris m’oblige Ă prendre le problème Ă l’envers. Je commence Ă avoir une belle collection d’actes, et c’est Ă ce jour la seule façon que j’ai trouvĂ©e de reprĂ©senter facilement qui Ă©tait prĂ©sent ou pas lors de tel ou tel acte et donc de cerner les pĂ©riodes pendant lesquelles ils ont vĂ©cu.
Les essais que j’ai faits avec divers sites de frises chronologiques ne m’ont pas convaincue pour le cas sur lequel je travaille, mais je peux avoir mal compris certaines possibilitĂ©s.
J’espère vos commentaires et vos suggestions – et toutes vos critiques constructives – pour rendre ce tableau, ou un autre outil – plus simple Ă utiliser.
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C’est une excellente idĂ©e, ce tableau. Il permet d’avoir une vue d’ensemble pour un grand nombre de personnes d’une mĂŞme famille. Bravo et merci pour le partage.
Chacun voit les outils qui lui conviennent en fonction de ses attentes. Personnellement, j’ai un peu de mal Ă me retrouver dans ton tableau. Peut-ĂŞtre aussi parce que pour le moment, mes besoins se portent sur une ligne de vie individuelle ou sur un petit nombre de personnes. Une question qui me vient, c’est : « Vaut-il mieux faire un gros tableau regroupant de nombreuses personnes ou plusieurs plus petit qui s’imbrique les uns dans les autres ? ». Je suis plus proche de la 2ème solution.
Avec le temps, tu vas continuer Ă affiner ton tableau. Courage.
En fait, quand je travaille dans une region normale, je prĂ©fère de loin utiliser la ligne de vie Couple. Mais c’est parce que je peux rĂ©cupĂ©rer des informations d’Ă©tat civil, de recensement et autres … Pour Paris, je suis une peu coincĂ©e, alors j’ai tournĂ© ca un peu dans tous les sens … C’est perfectible, très perfectible, mais pour l’instant ca me permet encore de faire des « decouvertes » donc je m’obstine