Y comme les archives du Chatelet de Paris, série Y

Si comme moi vous êtes un lecteur assidu des aventures de Nicolas Le Floch, vous savez qu’il est commissaire au Châtelet de Paris, et que c’est là qu’ont lieu les autopsies qu’il demande à ses comparses de pratiquer. Si comme moi vous avez mis la main sur des actes notariés concernant des ancêtres vivant à Paris, vous avez noté que les notaires y sont dit Notaire au Chatelet de Paris. Si comme moi vous vivez à Paris, pour vous le Châtelet c’est une station de métro tentaculaire et une place sans grand intérêt touristique. Et si comme moi vous  faites de la généalogie, un jour vous découvrez qu’il y a aux Archives Nationales une série incontournable quand on cherche à pister des parisiens avant la Révolution : la série Y Châtelet de Paris et prevôté d’Ile de France.

Construit au IXè siècle par Charles le Chauve, la fonction du Grand Châtelet, sur la tête de pont rive droite, était d’assurer la protection de la ville, à l’époque des invasions vikings. Après la construction de l’enceinte de Philippe Auguste en 1190, cette mission première devint inutile et le Châtelet devint la résidence du prévot de Paris, lieutenant préposé par le roi pour administrer juridiquement la ville dans tous les aspects, criminels comme civils. Il s’y trouvait la première morgue de la ville de Paris, et une prison qui accueillit des personnages restés célèbres, comme Molière ou Cartouche.

Gallica Paris depuis Charles V jusqu'à Charles IX d'après le plan de l'abbaye St Victor
Gallica Paris depuis Charles V jusqu’à Charles IX d’après le plan de l’abbaye St Victor

Le Châtelet a assuré cette fonction de place de justice du Moyen Age jusqu’à la Révolution, et c’est pour ca qu’on trouve le lieu mentionné aussi bien dans des romans historiques relatant des affaires criminelles que dans les actes de la vie courante de nos aïeux.

Nous voici donc en face d’un fonds, qui porte la cote Y aux Archives Nationales,  qui répertorie tous les actes juridiques de la proche région parisienne du 14è siècle à la Révolution. Toutes les archives n’ont pas été conservées, mais à partir du XVIIe siècle, les séries sont plutôt complètes.

L’introduction à la série Y, écrite par Michèle Bimbenet-Privat, Conservateur en chef, pose dès le début le problème auquel le généalogiste plus ou moins néophyte va se trouver confronté.

Le nombre même des documents qui constituent la série Y (18 800 liasses et registres, soit la plus volumineuse des séries anciennes des Archives nationales) présente une difficulté d’approche qui appelle, pour la maîtriser, les outils adéquats d’un guide ou d’un répertoire. Toute recherche dans les fonds d’archives parisiens mène, un jour ou l’autre, à une audience du Châtelet, au procès-verbal d’un commissaire du Châtelet, à une insinuation du Châtelet, etc.

Concrètement, c’est par le biais de la cote Y, et des registres de tutelle, que j’ai trouvé la porte d’entrée pour remonter l’histoire familiale de Jean Poitevin, maitre baigneur. J’ai trouvé dans les mêmes répertoires la renonciation faite à la succession de leurs maris respectifs au nom de leurs enfants mineurs pour Anne Angélique Goret, veuve Lebois Duclos, et pour Catherine Lebois Duclos, veuve Landes, sa fille. Oh, je n’ai pas trouvé ça par hasard, mais grâce à l’énorme travail du projet Familles Parisiennes, qui travaille à numériser ces fonds, les mettre en ligne sur des serveurs de Geneanet, et les indexer. C’est un travail gigantesque et admirable, auquel vous pouvez à l’occasion collaborer en indexant quelques pages, un acte, un registre. Leur interface d’indexation est particulièrement simple d’utilisation, je vous engage à y participer.

La plupart des actes concernant nos recherches généalogiques sont traités par le Parc civil, dans les cotes Y7 à Y6576. Impossible de partir au hasard, vous vous en doutez bien.

J’ai un certain nombre de recherches à y faire, à commencer par l’insinuation probable du mariage d’Anne Crelot et Mathurin Goret, dont le contrat de mariage a été passé en 1675 devant un notaire dont les minutes ne sont conservées qu’à partir de 1676. J’espère sans en avoir la certitude que ce mariage a été insinué, mais je n’ai pas de date à ce sujet. L’insinuation peut avoir eu lieu quelques jours plus tard, ou un an après … Il y a bien des instruments de recherche aux Archives Nationales, mais je les maîtrise mal.  Ce sera clairement un de mes projets pour 2016-2017, comprendre comment faire une recherche efficace dans la série Y. L’enjeu me semble important pour continuer à progresser dans la découverte de ma famille parisienne. Soyez assurés que si certaines de mes recherches, un peu à l’aveugle pour l’instant, aboutissent, je vous le raconterai par le menu ….

Sources et liens
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