L comme Pierre Landes, écrivain royaliste

Dans la série des cousinages variés et insolites, j’ai fait la connaissance de Pierre Landes, fils de mes chers Gratien Landes et Catherine Le Bois Duclos, dont je continue à pister l’existence, et jeune frère d’Angélique Landes.

Le seul acte officiel d’état civil que j’ai pu retrouver concernant Pierre Landes est à ce jour son acte de décès, le 7 frimaire an 14 – soit le 28 novembre 1805 – à Dijon. A ma décharge, précisons que Pierre est né à Paris, ce qui rend les recherches un brin compliquées.

 

AD21 - Acte de décès de Pierre Landes

AD21 – Acte de décès de Pierre Landes

 

 L’An quatorze de la République Le huit du mois de frimaire vingt neuf novembre 1805 à cinq heures du soir pardevant Nous Pierre Bernard Ranfer maire et officier de létat civil de la commune de dijon canton de dijon Département de la côte d’or sont comparus Jean Baptiste Rozier ägé de trente six  ans menuisier demeurant à dijon et vincent Brélet ägé de trente six ans Marguillier demeurant audit dijon; tous deux voisins du Décédé ci après nommé; lesquels nous ont déclaré queMr Pierre Landes ägé de cinquante deux ans Jurisconsulte demeurant à Dijon Place Napoleon, né à Paris fils de feu M Gratien Landes Docteur en medecine et de Dame catherine Le Bois Duclos son epouse; et marié à Dame Anne Sophie Reyneay; est décédé le sept frimaire an quatorze heure de onze et demie du soir en son domicile Maison N° 473, où nous nous sommes transportés et assuré de ce décès, et les déclarants ont signé avec nous le présent acte après qu’il leur en a été fait lecture

Ma première rencontre avec Pierre date de février 2012. Je cherchais sur internet des renseignements sur les Pelletier de Chambure, et au hasard d’une recherche sur Gallica, j’ai découvert un procès pour crime de lèse-nation : Affaire Landes et Bidault – Ecrit séditieux, 12 février-26 juin 1790. La motivation de ce procès était un pamphlet, rédigé par Pierre Landes, intitulé Discours aux Welches, dans lequel on a inséré la justification de la Chambre des vacations du Parlement de Rouen, Metz et particulièrement à Rennes. Ce pamphlet avait été publié à Dijon par les époux Bidault et un sieur Pelletier de Chambure, probablement Pierre Hugues. Reprenant un ouvrage de Voltaire, Pierre Landes y dénonçait de façon plutôt virulente les travaux de l’Assemblée Constituante. Les prises de position contre révolutionnaires de cet avocat au barreau de Dijon, qui avait déjà sévi l’année précédente, ne passèrent pas inaperçues.

Pierre Landes est bientôt arrêté et jeté en prison à Dijon. En 1793, on prévoit de le transférer à Paris pour qu’il y soit jugé. La sentence est déjà connue, c’est la guillotine qui l’attend au bout du chemin. Mais dans un rebondissement digne d’un chapitre des Chevaliers de Jehu d’Alexandre Dumas, des amis et collègues de Pierre Landes le font évader.

J’ai trouvé différents récits de cette évasion, dont je vous mets les liens ci dessous.

Pierre Landes se réfugie en Suisse, à Berne puis Fribourg, où son épouse Anne Sophie Reyneau le rejoint. Il semble que de Suisse, il ait entretenu une correspondance avec le prince de Condé, chef de file de l’émigration. C’est le genre de détail qui me met la puce à l’oreille. En effet, Pierre Hugues Pelletier de Chambure, son neveu, a été guillotiné le 27 germinal an 2 à Paris, sous l’accusation de conspiration. Il aurait hautement manifesté son affection pour Condé dont il était l’agent …… Ce n’est sûrement pas une coïncidence …

Portrait de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé (1736-1818), en uniforme de colonel général de l'infanterie, avec le cordon du Saint-Esprit

Portrait de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé (1736-1818), en uniforme de colonel général de l’infanterie, avec le cordon du Saint-Esprit

Au printemps 1798, le général Brune à la tête d’une armée française prend possession de Berne et Fribourg. Pierre Landes est à nouveau arrêté par les Français. Même si la Terreur est terminée, ses écrits restent séditieux et il peut faire face à de lourdes charges. C’est alors que, d’après le récit que j’ai trouvé dans la biographie universelle écrite par Michaud, la fille de Landes, âgée de 7 ans, se jette aux pieds de la femme du général pour demander la grâce de son père. Quand je vous disais, un vrai roman d’Alexandre Dumas ….. J’aimerais bien la trouver, cette petite fille, mais j’ai un peu peur de me perdre dans la lecture des registres conséquents de Dijon entre 1789 et 1791 …. Pierre Landes est libéré et se réfugie alors à Augsbourg, avec sa famille.

Il ne rentrera à Dijon qu’en 1802, pour y mourir en 1805.
Pierre Landes n’a pas encore droit à sa page Wikipedia, je sens que je vais m’y interesser prochainement.

 

Sources et liens

 

Comments

    • Brigitte says

      merci dominique, mais non, je n’en ai pas tant que ca … Comme tous les Français, je descends principalement de laboureurs et de journaliers dont le plus grand exploit était de savoir signer leur nom et de survivre au delà de 50 ans …

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