Les filles d’Helena – 5 – Jeanne Baudet – Génération 11

Temps de lecture: 6 minutes

A l’été 2016, j’avais commencé une enquête généalogique pour retrouver les descendantes de mon ancêtre la plus éloignée dans ma branche matrilinéaire, celle qui m’a transmis de mère en fille mon ADN mitochondrial, identifié comme appartenant à l’haplogroupe H5a2. J’ai improprement nommé cette descendance les Filles d’Helena.

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Mes recherches n’ont pas vraiment avancé depuis le dernier article publié, et pourtant j’ai envie de vous parler de Jeanne Baudet, l’arrière grand mère de l’arrière grand mère de mon arrière grand mère, même si je n’ai pas encore retrouvé certains des événements la concernant.

Arbre descendant de Jeanne Baudet et Clair Bordier – Graphisme Heredis 2018

Comme vous le montre son arbre descendant, elle est une ancêtre à la fois de ma grand-mère Marie Rose Guignard, me transmettant ainsi son ADN mitochondrial, mais aussi une ancêtre de mon grand père Achille Reau.

Jeanne Baudet nait à Beaulieu-sous-Parthenay le 27 août 1678 , et elle est baptisée le même jour dans l’église paroissiale. Son père Pardoux Baudet est bordier, c’est à dire qu’il exploite quelques hectares de terre, peut-être 5 ou 6, pas beaucoup plus, probablement très morcelés, qu’il loue vraisemblablement. Les terres appartiennent sans doute au duché de la Meilleraye, mais aucun des actes concernant Pardoux Baudet et Jeanne Imbert son épouse n’est suffisamment précis pour confirmer ce point. Les cinq enfants de Jeanne Imbert naissent entre 1674 et 1683 : Michel en 1674, Jeanne en 1678, Pardoux en 1681, Magdelaine probablement en 1682 et Pierre en 1683.  Tous arrivent à l’âge adulte et se marient au début du 18è siècle. Je n’ai pas trouvé de trace dans les registres d’enfant mort en bas âge.

En 1694 et 1695, à Beaulieu-sous-Parthenay comme partout dans le royaume de France, les actes de sépultures emplissent les pages du registre paroissial. Entre 1693 et 1695, on compte en France 1,5 million de victimes du froid et de la famine.

Mais la famille de Jeanne survit . Seul Pardoux Baudet disparait des registres après 1693 pour n’y être plus mentionné que comme étant mort lors du mariage de son fils Pierre en 1708. Je n’ai toujours pas trouvé de trace de son décès, aucun acte ne le concerne semble t’il dans les registres de l’époque de Beaulieu-sous-Parthenay. Quand est-il mort ? Où est-il mort ? Pour l’instant je l’ignore.

Le 10 février 1705, Jeanne a 27 ans quand elle épouse Clair Bordier, au cours d’une cérémonie où son frère Pardoux se marie également.

Mariages 2.
Le 10 fevrier 1705 apres les trois publications requises
auxquelles il ne s’est trouvé aucun empechement tant
de la part de messieurs les curez de Soustiers que de vouhe
et la mienne, ont esté conjoinct en mariage en face
de nostre mere la sainte eglise pardoux baudet de cette parroisse
avec marie tapon de la parroisse de soustiers, et clair
bordier de la parroisse de vouhe avec jeanne baudet
de cette parroisse ont assistés aux espouzailles Michel Baudet
frere d’un marie et d’une des mariées, Jean Bordier
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Clair Bordier est un veuf d’environ 35 ans, sans enfant. Il habite Vouhé, le village du Grand Chevreau. Il est bordier lui aussi, comme le suggère le patronyme qu’il porte. Est on bordier depuis la nuit des temps dans la lignée de Clair? Probablement …

Jeanne et Clair ont trois enfants, deux fils, dont l’un decède très rapidement, et une fille, Magdeleine. En août 1710, Jeanne est enceinte une quatrième fois, quand Clair Bordier, son époux, meurt.

Le dix neuf aoust 1710 a esté enterré
Clair bordier agé de quarante ans ou environ
lentermant fait en présance de francois
dupeux de pierre bodet et de pierre pri?
et autres qui ont tous declaré ne scavoir signer

Jeanne Bordier, la petite dernière, mon ancêtre à la génération 10, vient au monde le 4 octobre 1710, presque deux mois après le décès de son père. Elle est la seule des quatre enfants à avoir survécu et eu une postérité.

Mais revenons à sa mère Jeanne Baudet, veuve avec trois enfants en très bas âge. Elle devrait se remarier, c’est habituel dans cette situation, mais elle reste plusieurs années seule, habitant la maison de son défunt mari. Peut être les difficiles années que la France a traversées ont elles sérieusement limité les possibilités de remariage …

Elle va attendre sept ans pour se remarier.

En septembre 1715, l’épouse depuis 25 ans de René Bodet, Louise Taillée, décède. René Bodet habite Vouhé, leur âge est compatible, leur absence de fortune aussi.

Mais si Jeanne a la possibilité de se marier, il faut d’abord que les intérêts de ses deux filles survivantes, Magdeleine et Jeanne, soient protégés. Les petites filles ont un curateur chargé de veiller à leurs intérêts, Pierre Baudet, un des cousins germains de Jeanne. Le même jour où on passe le contrat de mariage entre René Bodet et Jeanne Baudet, on va aussi faire l’inventaire des biens communs de Clair Bordier et de Jeanne Baudet. Pourquoi n’avait-on pas fait d’inventaire après décès plus tôt? Je suppose que dans le cas où Jeanne ne se serait pas remariée, on a voulu éviter les frais d’un acte notarié.

Le 6 avril 1717 au matin, on se rassemble à Beaulieu-sous-Parthenay, au lieu dit la Cornulière, où Maitre Gaillard, notaire à Parthenay, rédige le contrat de mariage. La seule clause un peu originale de ce contrat est l’inventaire des biens de Clair Bordier. L’écriture peu lisible et l’orthographe fantaisiste du notaire – ou du clerc – ne m’ont pas permis de comprendre la totalité de l’acte, mais on en comprend l’essentiel. Le mariage se fera une fois que l’inventaire aura été réalisé, sous la surveillance de Pierre Baudet, le curateur.

Le même jour, on se rend à Vouhé, dans la maison de Clair Bordier, pour faire l’inventaire de leurs biens communs : quelques meubles, un peu de vaisselle, de la toile neuve, indiquant que Jeanne Baudet a gagné la vie de sa famille en tissant, et un peu plus de bétail que je m’y attendais : un cochon, deux chèvres, deux vaches avec leur veau, une “thore”, génisse de deux ans, et une vache sans veau. Et puis sur la table de la maison, il y a le contrat de mariage de Clair et Jeanne, et un coffre fermé à clef contenant les papiers de la succession de Léger Bordier, le père de Clair. Mais Jeanne n’a pas la clef, qui a été confiée à un beau -frère, et le notaire ne consigne dans l’inventaire ni la teneur du contrat de mariage, ni les papiers contenus dans le coffre. Pourtant, 300 ans plus tard, j’aurais bien voulu savoir ce qu’il y avait dans ce coffre ….

Et le même jour, ce 6 avril 1717, Jeanne Baudet épouse René Bodet.

Peut être ont il eu une fille, un des actes du registre paroissial de Vouhé m’interpelle, mais il n’est pas assez précis.

En 1730, quand Jeanne Bordier se marie à son tour, sa mère Jeanne Baudet est présente. Que lui arrive t’il ensuite ? Je l’ignore, tout comme je n’ai aucune certitude concernant le décès de René Bodet. J’ai bien trouvé un acte de sépulture, mais là aussi bien trop imprécis. Baudet/Bodet est un nom plutôt courant dans la région à cette époque. Sans accès aux répertoires des notaires des environs de Parthenay, ou sans visite aux archives départementales de Niort, je vais laisser l’histoire de mon ancêtre Jeanne en attente ….

Jeanne BAUDET
N° Sosa :
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Père :
Mère :
Sources et liens
  • Jacques Peret – Les paysans de Gâtine au XVIIIe siècle – Geste éditions – ISBN 2910919-75-7ets, Pierre
  • Gallica – Titre :  Carte générale de la France. 100, [Luçon]. N°100. Flle 94 / [établie sous la direction de César-François Cassini de Thury]
  • Archives départementales des Deux Sèvres – Etude de maitre Gaillard – 3 E 1679
  • Archives départementales des Deux Sèvres – Registres paroissiaux de Beaulieu-sous-Parthenay et de Vouhé

 

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