C comme Chateau

Temps de lecture: 7 minutes

Pour cette nouvelle participation du blog au Challenge AZ initié par Sophie Boudarel, de la Gazette des ancêtres, je vous emmène sur les terres ancestrales de ma mère, dans le village de Latillé en Poitou.


Il y a trois châteaux sur le territoire de Latillé : le château de Sceaux, à l’est du bourg, le château de la Raudière, près de l’avenue des 3 fontaines, et le château de la Chèze, dont le majestueux portail, en bas du bourg, s’ouvre sur une longue allée et des prairies qui ont souvent accueilli des kermesses paroissiales.

Mes ancêtres n’ont eu semble t’il que peu de relations de travail avec le chateau de Sceaux ou celui de la Raudière, en revanche le chateau de la Chèze, et le moulin de la Chèze qui en fait partie, sont des lieux importants de l’histoire de ma famille à Latillé, dans l’ascendance de ma grand mère Marie Rose Reau, comme vous le montre son arbre. A chaque génération dans son ascendance, depuis les premiers registres en ligne jusqu’à la génération de ses grands parents, un couple de ses ancêtres a travaillé et vécu sur les terres du château de la Chèze.

Les ancêtres de ma grand mère maternelle au moulin ou au château de la Chèze

Génération 12 dans la généalogie de mes enfants : Philippe Martin (?-1666) et Marie Bonneau ( ~1600-1678 )


Un de mes plus anciens ancêtres identifiés à Latillé, Philippe Martin, est dit meunier au moulin de la Chèze dans son acte de sépulture le 28 février 1666. Depuis combien de temps sa famille habite t’elle ce moulin, depuis combien de temps  travaille t’il en ce lieu ? Il me sera difficile d’en savoir plus. Philippe Martin et son épouse ont eu au moins 8 enfants, que je trouve au gré des actes concernant la famille. Au moins 5 des fils de Philippe sont eux aussi meuniers, sans que pour l’instant j’ai trouvé de précisions sur le moulin – à Latillé ou Chiré-en-Montreuil – où ils vivent et travaillent, hormis pour mon ancêtre, François, probablement l’ainé des fils. 

  • François, mon ancêtre
  • Louis ( ~1638-1695) vit au moulin de la Chèze au moins jusqu’en août 1675, puisque c’est là que décède sa première épouse Françoise Demon. Il semble qu’il vive ensuite au moulin de Bourreau, à Chiré-en-Montreuil, à quelques centaines de mètres du moulin de la Chèze, mais sur une paroisse différente.
  • Philippe ( 1646-1701) né et mort à Latillé, meunier, sans que pour l’instant j’en sache plus
  • Jean (dates de vie inconnues ) , dont les enfants naissent à Chiré-en-Montreuil à partir de 1666
  • Mathurin ( ?-1685) , dont le fils Jacques nait en 1656 à Cramard, sur l’actuelle commune de Chalandray

Génération 11 dans l’ascendance de mes enfants : François Martin (~1632-1685) et Perrine Demon (1644-1685)


François Martin, et son épouse Perrine Demon, prennent la suite de Philippe Martin pour faire tourner le moulin de la Chèze. C’est là que naissent au moins deux de leurs enfants, Françoise en janvier 1670 et Antoine en mai 1678.  Lors du baptême d’Antoine, il y a d’ailleurs du beau monde autour des fonts baptismaux. Le meunier de la Chèze est visiblement un homme qui compte à Latillé à cette période.

François Martin meurt à 53 ans, le 16 novembre 1685, une semaine tout juste après son épouse Perrine, inhumée le 6 novembre de la même année. Leurs deux actes de sépultures se suivent sur le registre. L’acte concernant François confirme qu’il est “meunier” de la chèse”. Il est possible qu’il ait passé toute sa vie dans ce moulin au bord de l’Auxance. 

J’ignore qui prend la suite de François Martin pour gérer le moulin de la Chèze, est ce un de ses fils ? un neveu ? ou un nouveau venu ?


Génération 10 dans l’ascendance de mes enfants : Vincent Peroche ( ~1672-1745) et Marie Escouault (1676-1742)


Dans la famille de Vincent Peroche, on est meunier depuis …. – le début des registres au moins – sur la paroisse de Chiré-en-Montreuil. Nicolas, le plus ancien de mes Peroche et le grand père de Vincent, – est meunier à Pilloué à la fin de sa vie, en 1665. Un de ses fils, Vincent, mon ancêtre génération 11, nait au moulin de Pallias, sur la paroisse de Chiré-en-Montreuil, et c’est aussi là que naissent plusieurs de ses enfants.

Du côté des Escouault, c’est sur la paroisse de Béruges qu’on est meunier, de père en fils, de beau père en gendre. 

C’est à partir de 1725 que j’ai confirmation que Marie Escouault – et donc probablement Vincent Peroche, son époux – vivent à Latillé, mais sans autre précision. Les enfants du couple ne sont pas nés à Latillé, d’ailleurs je n’ai retrouvé la naissance que de deux des enfants sur les quatre que je connais. Mais c’est bien au moulin de la Chèze, où il est meunier, que décède Vincent Peroche le 22 décembre 1745.


Génération 9 dans l’ascendance de mes enfants : Jean Vincent Peroche ( dates inconnues) et Claudine Radegonde Roblin (1719-1787)

C’est le seul fils survivant – à ma connaissance – de Vincent Peroche et Marie Escouault qui continue l’exploitation du moulin de la Chèze à la mort de son père. Les actes de baptême de ses enfants, tous nés à Latillé, ne précisent pas si la famille vit toujours au moulin de la Chèze, mais c’est là que meurt en 1771 une des filles, Magdeleine, et c’est aussi là que meurt Claudine Radegonde Roblin, le 24 décembre 1787, alors que son mari Jean Vincent est mort depuis plusieurs années, sans que je sache encore ni quand, ni où. Quand Claudine Radegonde meurt, deux ans avant la Révolution, c’est le fils ainé du couple, Jean Peroche, époux de Catherine Senart, qui exploite le moulin et y vit avec sa famille et sa mère. Mais en février 1789, lors de la naissance de leur fils Joseph, la famille a quitté Latillé et vit désormais au Moulin Bourreau, sur la paroisse de Chiré-en-Montreuil.

Mes ancêtres directs n’habiteront plus et ne travailleront plus au moulin de la Chèze à partir de la mort de Claudine Radegonde Roblin, la dernière de ma lignée directe à y avoir vécu.

Carte postale en ligne sur le site Les amis du bourg de Latillé

Génération 8 dans l’ascendance de mes enfants : René Quintard ( 1752-1825) et Louise Pouzet (1757-1836)


C’est à la métairie du château de la Chèze que se poursuit l’histoire croisée de mes ascendants et du château de la Chèze. Mais cette fois ci, mes ascendants ne vont pas y travailler, ce n’est semble t’il pas eux qui vont exploiter la métairie et les terres, pour le compte du propriétaire du château. Tous deux nés à Benassay, c’est aussi à Benassay qu’ils se marient en 1776, à Benassay,  puis c’est au lieu dit la Touche à Daudin à Benassay qu’ils vivent ensuite jusqu’à la fin de la Révolution probablement. Je les retrouve en 1809 à la métairie du Bois à Montreuil-Bonnin, puis en 1823 aux Cloux à Latillé. Les Cloux, c’est le hameau qui se trouve juste à l’extérieur du domaine de la Chèze. Pourtant c’est sur le domaine du château de la Chèze que décède René Quintard, le 4 juin 1825. Il a 72 ans, et c’est là qu’il vit, avec son épouse Louise, qui meurt elle aussi sur le domaine du château, deux ans plus tard, le 4 juin 1825. S’ils y vivent, c’est qu’un de leur fils, Jean Quintard,  est à cette époque le métayer du château. 

Heredis Ligne de vie de Jean Quintard – 1786-1861

Jean Quintard a fait les guerres napoléoniennes, mais pas la campagne de Russie. Il est revenu dans le Poitou vers 1815, et épouse le 24 octobre 1815 Françoise Pouzet, sa cousine germaine. C’est aussi à la Chèze que meurt le père de Françoise Pouzet, Charles Pouzet, le 21 septembre 1838, à l’âge de 89 ans. Jean Quintard, métayer du château de la Chèze, a donc visiblement recueilli à son domicile ses parents et son beau père, sur leurs vieux jours, qui tous les trois sont morts sur le domaine du château de la Chèze. Jean Quintard est le métayer de la Chèze entre 1825 et 1840 environ. 

Son frère René Quintard (1798-1882), époux de Marie Anne Joltreau, vit également avec sa famille sur le domaine de la Chèze entre 1826 et 1866 environ. Il se retire ensuite dans le village des Clous, à quelques dizaines de mètres, et c’est Jean Monnereau, époux de Marianne Quintard, qui prend en charge les terres du domaine de la Chèze vers 1867.


Génération 7 dans l’ascendance de mes enfants : François Quintard ( 1795-1869) et Françoise Chartier (1801-1893)


Mon arrière-arrière-arrière grand père, François Quintard, nait à Benassay. Il épouse à Latillé le 17 octobre 1820, à l’âge de 25 ans, Françoise Chartier, et le couple vit pendant une trentaine d’années à Chiré-en-Montreuil. Je les retrouve en 1849 au lieu dit la Grange à Pasquier, puis à la Croix carrée, où le couple vit encore, seul, lors du recensement de 1866. Ils ont alors 70 ans et 65 ans. Peu de temps plus tard, ils quittent probablement leur domicile pour passer leurs vieux jours chez leur fille Marianne Quintard, l’épouse de Jean Monnereau, cultivateur des terres du domaine de la Chèze depuis 1867 environ. 

C’est au “château de la Chèze”, plus exactement dans les bâtiments de la métairie du château, que vont mourir François Quintard, le 4 décembre 1869, puis Françoise Chartier, le 22 juillet 1893, à l’âge de 92 ans. 

Françoise Chartier est la dernière de mes ancêtres dont l’acte de naissance ou de décès indique le lieu de “la Chèze”, 227 ans après l’enregistrement du décès de Philippe Martin, ancêtre de son mari et meunier en son vivant du moulin de la Chèze. 6 générations d’ancêtres qui ont créé un lien ténu mais bien réel dans mon coeur avec ce château, où je n’ai pourtant jamais mis les pieds.

Sources et liens

Retrouvez les sources de tous les actes et événements mentionnés dans cet article sur l’arbre en ligne de ma  grand-mère maternelle sur Geneanet

Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.