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Aucun thème précis pour cette nouvelle participation du blog au Challenge AZ initié par Sophie Boudarel, de la Gazette des ancêtres, juste une promenade à la rencontre de personnes ou d’anecdotes rencontrées au cours de mes recherches


C’est une énigme que je vais aujourd’hui partager avec vous, celle qui entoure un certain Arthur Donker Vanderhoff, ou Arthur Vanderhoff.

Si je me suis intéressée à lui au début, c’est qu’il est le cousin germain de Louise Arnoldine Pelletier de Chambure, ancêtre de mes enfants.

Le père d’Arthur, Matthieu Donker van der Hoff, a une vie compliquée, que je n’ai pas encore réussi à vraiment reconstituer. Né à Haarlem – Pays-Bas – le 18 décembre 1785, il a trois enfants avec deux femmes différentes, qui ne sont pas toutes ses épouses.

Avec Metta Schultze, il a Marguerite, née le 2 avril 1811 à Amsterdam, puis un fils, Juste, né à Brême, en Allemagne, le 14 avril 1814. Ces deux enfants légitimes sont ceux qui sont mentionnés dans la recherche d’héritiers dont je vous avais parlé l’année dernière dans le portrait de Jeanne Donker van der Hoff.

En 1826, Matthieu Donker van der Hoff vit à Paris, mais n’a pas demandé la nationalité française, et ne le fera pas. Il rencontre à Paris une jeune femme de 25 ans, Marie Eleonore Megard, à qui il fait un enfant. C’est Arthur, enfant naturel reconnu par son père, que je connais grâce à son acte de mariage.

L’An mil huit cent soixante le samedi vingt huit avril à dix heures du matin Pardevant nous Jean Reigbeder adjoint au maire du dix septieme arrondissement de Paris accomplissant par délégation spéciale les fonctions d’officier de l’etat civil sont comparus publiquement en la maison commune. Arthur Donker Vanderhoff, employé principal au chemin de fer de l’ouest agé de trente trois ans, né à Paris deuxième arrondissement le dix mars mil huit cent vingt sept demeurant sur cet arrondissement rue de la Paix n°36, majeur fils naturel reconnu de Marthe Mathieu Evrard Donker Vanderhoff, décédé à Paris troisieme arrondissement le quatre mars mil huit cent quarante trois, et de Eléonore Megard+. L’acte de naissance du futur epoux et celui de décès de son père à nous representés après avoir été paraphés resteront annexés aux pièces du mariage D’une part. Et melanie Barberaud, sans profession, agée de vingt sept ans, née à Passy ( Seine) le sept novembre mil huit cent trente deux; demeurant à Paris avec ses père et mère seizième arrondissement rue de la Tour n°72 fille majeure de françois charles Barberaud, charpentier agé de cinquante six ans, et de marie geneviève Godard son épouse, sans profession, agée de cinquante trois ans, présents et consentants au mariage. L’acte de naissance de la future epouse à nous représenté après avoir été paraphé restera annexé aux pieces du mariage D’autre Part. Lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux et dont les publications ont été faites en cette maison et en celle du seizieme arrondissement de Paris les Dimanches quinze et vingt deux avril present mois à midi. Aucune opposition au mariage ne nous ayant été signifiée faisant droit à leur requisition après avoir donné lecture de toutes les pieces ci dessus mentionnées et du chapitre six titre cinq livre premier du code napoleon intitulé du mariage. Les futurs epoux ainsi que les personne ici presentes pour autoriser le mariage interpellés par nous en exécution de la loi du dix juillet mil huit cent cinquante nous ont déclaré qu’il n’a point été fait de contrat de mariage avons demandé au futur epoux et à la future épouse s’ils veulent se prendre pour mari et pour femme chacun d’eux ayant répondu séparément et affirmativement declarons au nom de la loi que Arthur Donker Vanderhoff et Melanie Barberaud sont unis en mariage. De quoi avons dressé acte en présence de Louis marie Lacroix agé de soixante un ans chevalier de la legion d’honneur chef de division de la liste ? en retraite demeurant à Paris rue de la tour 52 de Robert Arsene Colin agé de quarante six ans ? demeurant à Paris rue Basse n°41 amis des epoux de Henry Celestin Deckel agé de vingt neuf ans blanchisseur demeurant à Paris avenue de St Denis 43 beau frère de l’epouse et de Napoleon Hyacinthe Morin agé de cinquante cinq ans rentier demeurant à Paris rue de Rivoli n°78 ami des époux et ont les epoux la mère de l epoux le père de l epouse et les temoins signé avec nous après lecture la mere de l epouse ayant declaré ne savoir après lecture. + propriétaire agée de cinquante six ans demeurant à Paris rue de la tour n°52 seizieme arrondissement presente et consentante au mariage.

L’acte de naissance d’Arthur, disparu en fumée lors de l’incendie de l’Hôtel de Ville de Paris, n’a semble t’il pas fait l’objet d’une reconstitution. Il ne m’est donc pas possible de savoir si l’enfant a été déclaré de père inconnu, puis reconnu postérieurement. En revanche, une recherche lancée sur Filae sur Donker Arthur me renvoie vers un acte de décès reconstitué, au nom de Arthur Donker Vanderhoff, le 10 mars 1827, dans le 2ème arrondissement.

Une reconstitution de décès le jour et à l’endroit exact où je cherche une reconstitution de naissance …. Je suis perplexe. Une recherche – en ligne sur le site de FamilySearch – sur les actes de décès reconstitués s’impose. A la date du 10 mars 1827, n° de film FamilySearch 007832994 – image 2631/2833, je trouve la réponse à mon premier mystère : l’acte a été reconstitué à partir de l’acte de mariage que je viens de vous citer, et la reconstitution a été faite par erreur sur un formulaire de reconstitution d’acte de décès …

Malheureusement, il n’y a pas d’autre renseignement, puisqu’il s’agit purement et simplement des informations extraites du mariage.

Arthur est donc né en 1827, et il a été reconnu par son père biologique. Sa mère, Eléonore Megard, se marie le 4 octobre 1838 à Paris, à l’âge de 35 ans, avec Louis Marie Lacroix, qui prend en charge le jeune garçon de 11 ans. Louis Marie Lacroix est un des témoins du mariage de son beau-fils.

A partir d’une recherche faite via Filae, j’ai retrouvé les traces de cinq enfants possibles du couple.

  • Marguerite Antoinette Anne Pauline Donker Vanderhoff nait le 27 septembre 1860 au 84 rue de la Paix, quartier des Batignolles, où vivent ses parents. L’enfant a visiblement été conçue avant leur mariage. Elle est mise en nourrice à Clichy, où elle meurt en bas âge le 21 juillet 1861, chez son père nourricier, Jacques Cointrelle. Les actes la concernant ne posent aucun problème, son père déclare la naissance et le décès, et signe de sa signature décidée et volontaire.
  • Jeanne Marguerite Donker Vanderhoff nait toujours aux Batignolles, au 84 rue le Paix, le 24 mars 1862. Arthur est désormais chef du bureau aux chemins de fer de l’Ouest. L’enfant survit, et fait des études de peinture. Artiste peintre, elle est élève de l’Ecole professionnelle de la rue Truffaut.
Gallica – Titre :  Dictionnaire général des artistes de l’École française depuis l’origine des arts du dessin jusqu’à nos jours : architectes, peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes. T2 et T3 (suppl.) / ouvrage commencé par Émile Bellier de La Chavignerie ; continué par Louis Auvray,…
Auteur :  Bellier de La Chavignerie, Émile (1821-1871). Auteur du texte
Éditeur :  (Paris)
Date d’édition :  1882-1885

Jeanne se marie le 12 juillet 1883, à la mairie du 17ème arrondissement,, avec Etienne François Gustave Charmiot, 31 ans. Son père est décédé, sa mère, rentière, avec qui elle vit au 121 rue Legendre, est présente et consentante.

Laissons pour l’instant Jeanne de côté, vivre sa vie de couple.

Avant de m’intéresser aux autres noms que Filae me propose et qui pourraient être des enfants d’Arthur – parce que son nom est particulièrement rare – il est temps de préciser qu’Arthur Donker Vanderhoff est mort, à 40 ans, le 20 février 1867, au 102 rue Nollet, dans le 17ème arrondissement, où le couple habite désormais. Son acte de décès ne laisse absolument aucun doute sur son identité. C’est d’ailleurs son beau-père, Louis Marie Lacroix, qui déclare le décès.

Donker Vanderhoff – 288

Du mercredi vingt fevrier mil huit cent soixante sept, à deux heures trois quarts du soir. Acte de décès constaté suivant la loi de Arthur Donker Vanderhoff, agé de quarante ans, chef de bureau au chemin de fer de l’Ouest, né à Paris, décédé hier à une heure du soir, au domicile conjugal, rue Nollet 102, époux de Melanie Barberaud, agée de trente quatre ans, sans profession, fils de Marthe Mathieu Evrard Donker Vanderhoff, décédé et de Eleonore Mégard, sa veuve, agée de soixante quatre ans, rentière, demeurant rue de la Tour 68. Ledit acte rédigé sur la déclaration faite à nous, officier de l’Etat civil du dix septième arrondissement de Paris, par les sieurs : Louis Marie Lacroix, agé de soixante huit ans, propriétaire, chevalier de la légion d’honneur, rue de la Tour 68, beau père du défunt, et François Marouque, agé de quarante ans, employé, rue des momes 14, non parent du défunt, lesquels ont signé avec nous, après lecture.

Grâce aux indexations des registres des cimetières sur Geneanet, je trouve également l’inhumation d’Arthur, au cimetière des Batignolles, dans la 3e division du cimetière, dans une concession temporaire, le 21 février 1867, puis son exhumation le 27 novembre 1873 vers une concession perpétuelle, 12ème division, 1e ligne, n°36. Cette concession a été reprise par le cimetière le 4 octobre 1983.

Arthur est bien mort, depuis février 1867, et il est inhumé.

Alors, d’où sortent les autres enfants que Filae me propose ? Qui sont-ils, et peut on trouver dans les actes s’il s’agit d’une homonymie même si elle est peu probable.

  • Filae, grâce à l’indexation de certains recensements, me propose un petit Arthur Vanderhoff, né vers 1871 à Paris, en nourrice à Hanches, dans l’Eure et Loir.

La coïncidence du patronyme et du prénom est trop importante pour que ce soit un hasard. Mais je n’arrive pas à mettre la main sur l’acte de naissance de cet enfant en 1871 à Paris. L’enfant ne semble pas décédé dans la commune de Hanches, il n’y figure pas sur les tables décennales. En 1876, lors du recensement suivant, c’est un autre enfant qui est nourrisson dans la famille Jardin. Le petit Arthur Vanderhoff a dû retourner dans sa famille, à Paris. Mais où ? Je ne trouve pas de fiche matricule à son nom dans la classe 1891, pas d’autre indexation pour un événement – mariage ou décès – potentiel sur Filae ou Geneanet. Pour l’instant cet indice est une impasse.

  • Lucile Anne Antoinette Vanderhoff, elle, est bien indexée dans Filae. Elle est née le 14 février 1872, au 242 du boulevard Saint Germain. Dans son acte de naissance, dans le registre de Paris 7ème, acte 193, il est indiqué qu’elle est fille de Arthur Vanderhoff, âgé de 46 ans, boulanger, et d’Anne Marie Barbereaud, âgée de 38 ans, son épouse. La déclaration est faite par la sage-femme, et non par le père. On ne sait si le père est absent.

Cet acte soulève plusieurs questions. Bien sûr, la première est l’identité du père de l’enfant. L’âge indiqué dans l’acte serait cohérent avec celui d’Arthur, si bien sûr il avait vécu. En revanche, le métier, boulanger, n’a strictement rien à avoir avec la profession de chef de bureau qu’il occupait en 1867, au moment de sa mort. Je m’interroge aussi sur le changement de prénoms de la mère, Anne Marie au lieu de Mélanie. Mais la conjonction des patronymes Vanderhoff et Barberaud, qui ne sont pas des noms très courants, m’interpelle. J’imagine deux hypothèses : une usurpation d’identité, à laquelle je crois assez peu. Ou bien Mélanie, veuve, s’est retrouvée enceinte, et est allée accoucher dans un arrondissement où on ne la connait pas, pour ne pas attirer la honte sur elle et sa famille.

Je note aussi qu’il n’y a aucune mention marginale sur l’acte de naissance de Lucile, ni mariage ni décès, ce qui laisse supposer soit un décès en bas âge, soit un célibat prolongé.

  • Lucille Van der Hoff décède le 19 novembre 1935, dans le 10ème arrondissement. A partir de son acte de décès, en ligne sur les Archives de Paris, je découvre que la jeune femme est décédée au 2 rue Ambroise Paré, c’est à dire à l’hôpital Lariboisière, et qu’elle habitait 75 rue du Rocher, dans le 8ème arrondissement, du côté de la station de métro Villiers. Il est indiqué qu’elle est née à Paris le 14 février 1881, célibataire, fille de Arthur van der Hoff et de inconnue Barbereaux, et qu’elle est célibataire. Visiblement, le décès est déclaré par un des employés de l’hôpital, qui fait cette déclaration avec les papiers que devait avoir la jeune femme au moment de son hospitalisation.

J’ai cherché la naissance de cette Lucille dans tous les arrondissement parisiens à la date du 14 février 1881, sans rien trouver, même en cherchant à Donker Van der Hoff. Et puis je me suis rendue compte que Lucile Anne Antoinette Vanderhoff était née le 14 février 1872. Quelles sont les probabilités que les deux femmes soient nées le même jour, à 9 ans d’écart? Quelle est la probabilité que Mélanie Barberieux, toujours veuve, ait à nouveau une fille naturelle, alors qu’elle a maintenant 48 ans? Quelle est la probabilité qu’elle nomme à nouveau cette enfant Lucile ?

Mon hypothèse – la seule cette fois ci – est que la Lucille Van der Hoff qui décède le 19 novembre 1935 est la même personne que l’enfant née le 14 février 1872. Quelque part, les papiers de sa naissance ont été modifiés. Après tout, la grand mère de mon mari avait bien falsifié son livret de famille, plus rien ne me surprend.

Melanie Barberaud est morte le 9 avril 1899 à Argenteuil, où elle habitait. Son décès a été déclaré par sa fille Jeanne. Quant à Jeanne, elle meurt jeune, à 48 ans, le 28 août 1910. Je ne lui ai pas retrouvé d’enfant.

Les tables de succession pour Argenteuil ne sont pas en ligne, je pense que la curiosité me poussera à aller à Pontoise les consulter. Peut-être y aura t’il un indice dans la déclaration de succesion de Melanie Barberaud pour me permettre de mettre un point final à cette enquête.

Sources et liens

  • Archives de Paris – 1860, Mariages, 17 – Acte 160 – Mariage Donker Vanderhoff et Barberaud
  • Geneawiki – Archives de Paris Section I – Reconstitution de l’Etat Civil
  • Archives de Paris – 1860, Naissances, 17 – Naissance de Marguerite Antoinette Donker van der Hoff – Acte 1620
  • AD92 – Décès Clichy 1860 – Décès de Marguerite Antoinette Donker van der Hoff – Acte 321 vue 82/163
  • Archives de Paris – 1862, Naissances, 17 – Naissance de Jeanne Marguerite Donker Vanderhoff – Acte 571
  • Archives de Paris – 1867, Décès, 17 – Décès d’Arthur Donker VanderHoff, acte 288
  • Archives de Paris – Registres journaliers d’inhumation Cimetière des Batignolles – 06/02/1867-01/08/1867 – vue 8/31 – en ligne sur Geneanet – Inhumation d’Arthur Donker Vanderhoff
  • Archives de Paris – Registres journaliers d’inhumation Cimetière des Batignolles -07/11/1873-25/02/1874 – page 8/31 – en ligne sur Geneanet – Exhumation et transfert de sépulture d’Arthur Donker Vanderhoff
  • Gallica – Titre :  Dictionnaire général des artistes de l’École française depuis l’origine des arts du dessin jusqu’à nos jours : architectes, peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes. T2 et T3 (suppl.) / ouvrage commencé par Émile Bellier de La Chavignerie ; continué par Louis Auvray,… Auteur :  Bellier de La Chavignerie, Émile (1821-1871). Auteur du texte Éditeur :  (Paris) Date d’édition :  1882-1885 – page 208
  • Archives de Paris – 1935, Décès, 10 – Décès de Lucille van der Hoff – Acte 611 vue 406/458

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Un commentaire

  1. Belle recherche.
    Au sujet de Lucille, j’ai une AAGM qui a eu 4 enfants, 1 seule reconnue par son père Marie-Joséphine.
    10 ans plus tard 1 fille naturelle déclarée par la sage-femme elle aussi prénommée Marie-Joséphine. J’ai deux naissances, deux mariages et deux décès à des dates différentes.
    Donc peut-être a-t-elle aussi appelé sa seconde Lucile….
    J’espère que la succession t’aidera à résoudre ce mystère

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