SOSA 171 568 …. oups

J’ai entrepris depuis quelques jours de récupérer les sources manquantes sur mon fichier de généalogie, et je suis ravie de voir que chaque acte retrouvé ouvre la porte à de nouvelles découvertes et de nouvelles rencontres.

Mais hier, j’ai fait LA rencontre que je n’attendais pas …

Pour tracer les actes et les sources qui me manquent, j’ai récupéré un fichier généré par Heredis que j’ai ouvert avec Excel, et je peux ainsi trier et prendre un rameau généalogique par ci par là. Hier matin, j’ai vu qu’il ne me restait qu’un Sosa sans source à Riquewihr, charmant village alsacien.

Un Sosa, mais qu’est ce ?

C’est un système de numération généalogique – vous imaginez bien que dès qu’on est au delà de papy-mammy, on commence à avoir du mal à s’y retrouver. Imaginez la conversation : Moi : Le grand père paternel du grand père maternel de papy Gaston, je l’ai retrouvé … L’autre, cousin qui fait aussi sa généalogie : Euhhhhhhh ….. Bref …

Un certain Jérôme de Sosa inventa en 1676 un système de numérotation pour les généalogies ascendantes, celle où on remonte la piste de ses ancêtres, à partir d’une personne qu’on appelle le De cujus – Bac option latin, les ptits jeunes, faut bien que ca serve un peu de temps en temps :). En clair et rapide, le sujet étudié porte le numéro 1, puis son père le numéro 2 et sa mère le 3. Chaque homme a un numéro double de celui de son enfant (2n) et chaque femme un numéro double de celui de son enfant, plus un (2n + 1).

Il y a d’autres types de numérotation, mais celle là je l’ai enfin comprise – bac latin, je vous l’ai dit, je suis moins portée sur les maths :) – alors je m’y tiens.

Le système Sosa, c’est un petit calcul de puissance de 2 tout simple quoi, qui vous permet de dire qu’un individu né à la fin du 20ème siècle, à raison d’une génération tous les trente ans, a théoriquement 131 000 ancêtres autour de 1520, soit vers la 17ème génération. Ce n’est que théorique, parce que beaucoup de nos ancêtres n’allaient pas chercher bien loin  leur épousé(e) et les mariages de cousins issus de cousins permettent de limiter le nombre. Ouf …

Le de Cujus de mes recherches, ou le numéro 1 Sosa chez moi, c’est ma fille ( ou mon fils, comme on veut, bref celui qui me permet de remonter ma branche et celle de mon mari ).

Revenons à mon Sosa sans source à Riquewihr, cette chère Marie Suzanne Schulz, Sosa 167. Elle était l’arrière grand mère de Jules Constantin Karcher, grand père de Christiane Karcher, laquelle est la grand mère paternelle de mes enfants. Là, maintenant vous avez compris à quoi ca sert, le numéro Sosa :)

J’avais trouvé sur le net la date et le lieu de son décès, que j’avais reporté dans mon logiciel sans récupérer la source. Je fais ça bien trop souvent, mais je ne suis pas une généalogiste organisée. Donc hier matin, je décide de récupérer l’acte de décès

Acte de décès de Marie Suzanne Schulz

Riquewirh, 14 mai 1808

de Marie Suzanne, le 14 mai 1808 à Riquewihr. Les autres actes la concernant datant d’avant la Révolution, je n’y ai pas accès en ligne, malheureusement.  De Marie Suzanne, je ne connaissais que le fait qu’elle avait épousé Jean Jacques Flach et avait eu au moins trois enfants avec lui, Marie Salomé, Caroline et Jean. J’étais curieuse de retrouver d’autres informations.

Tout d’abord, ce sont deux de ses petits fils qui ont déclaré son décès, tous deux demeurant à Riquewihr, et tous deux de parfaits inconnus pour moi, portant des noms de famille différents. Et me voilà avec deux nouvelles filles de Marie Suzanne que je ne connaissais pas.

Mais surtout, les parents de Marie Suzanne étaient clairement identifiés : Jean Schulz et Marie Barbara Greiner. Je ne sais pas quelle mouche m’a piqué pour que j’aille tout de suite vérifier dans Geneanet si je trouvais ce couple. Sérieusement, je fais ça très rarement, j’attends que le lundi le site m’envoie une liste de nouvelles correspondances. Mais là, une idée comme ca, j’ai lancé une recherche ….. et Marie Barbara Greiner, mes chers lecteurs, ce n’est pas une inconnue de plus, mais une descendante d’une famille connue et répertoriée en Alsace depuis le XVIème siècle. Sa fille Marie Suzanne n’était reprise dans les données la concernant, ce n’est pas la première fois que je me retrouve sur un rameau “neuf” d’une généalogie assez répandue :)

Incrédule et amusée, j’ai suivi la piste, qui me faisait remonter jusqu’au Sosa 171 556, Klaus Mieg …… Oups …. Mon Sosa le plus ancien portait un numéro dans les 50 000 jusqu’à présent …

Ce qui m’a surpris, c’est de voir le nombre de personnes qui reprenaient les informations que je venais de trouver. J’ai donc recherché sur Geneanet l’origine de l’information, le généalogiste “alpha” qui très gentiment indiquait ses sources : des recherches entreprises par des généalogistes alsaciens et publiées dans le Bulletin du Cercle Généalogique Alsacien, une analyse des migrants suisses vers l’Alsace au 16ème-17ème siècle, des actes retrouvés sur des microfilms conservés par les Mormons. Tout ceci a un parfum de sérieux, et je vais pouvoir accéder aux différentes sources pour vérifier moi même tout ce que je peux.

Direction donc les salles de lecture de la BNF la semaine prochaine – si le temps s’y prête – pour une plongée dans les Bulletins du CGA qui y sont conservés, et commande courant Aout des microfilms concernant les communes de Riquewihr et Mittelwihr, à la recherche des Greiner.

J’allais oublier le plus amusant, le premier Greiner a être arrivé sur Riquewihr venait de Bâle – là où les jeunes Karcher nés à Colmar autour de 1870, leurs descendants, sont partis commencer une nouvelle vie pour ne pas devenir allemands. Et il est à l’origine de deux vignobles sur Riquewihr et Mittelwihr, encore aux mains de ses descendants de nos jours. Je sens qu’un voyage sur la Route des Vins en Alsace s’impose ….

 

 

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