Retour sur RootsTech 2016 – Les conférences

Quand on parle conférences à RootsTech, on ne plaisante pas. Le nombre de conférences proposées est impressionnant, et tous les domaines sont représentés.

Forte de mon expérience passée, j’avais préparé mon planning en évitant soigneusement les conférences pour débutants, qui sont effectivement destinées à de grands débutants sur le plan technologie, puisqu’on commence presque par vous expliquer comment créer un compte sur telle ou telle application.

J’avais prévu d’assister à des conférences tenues par Judy G. Russel, que j’aime écouter parler, mais lors des deux conférences qu’elle devait faire, 20 minutes avant la séance les salles prévues, pourtant grandes, étaient déjà très remplies. Comme les sujets ne me concernaient pas directement, j’ai préféré renoncer, non pas pour laisser ma place à une personne plus intéressée, mais parce qu’être coincée pendant 1h25 au milieu d’une salle de 500 personnes sans pouvoir m’éclipser je ne le fais que si je suis vraiment passionnée par un sujet.

J’ai donc un peu changé mes plans, mais cela fait partie de l’ambiance Rootstech, on passe dans le couloir, on voit une conférence qu’on n’avait pas remarquée, ou un conférencier bloggueur qu’on aime bien lire, et on se dit pourquoi pas. Cette année mes Pourquoi pas ont été de belles réussites.

C’est ainsi que mercredi, j’ai écouté Thomas MacEntee, généalogiste professionnel bien connu, nous parler de l’utilisation du Mind Mapping, ou carte heuristique, en généalogie. Sophie Boudarel avait déjà eu l’occasion de nous présenter le concept, mais je n’avais pas vraiment compris comment ça fonctionnait.

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Le Mind Mapping consiste à représenter graphiquement sur papier – ou écran d’ordinateur – un problème ou l’état d’avancement d’une recherche, de façon structurée et claire. Prenons par exemple une de vos épines généalogiques. Vous allez représenter graphiquement toutes les pistes déjà explorées, toutes celles auxquelles vous pensez, toutes les idées que vous pouvez avoir. En utilisant un code de couleur simple, du genre Rouge = piste vérifiée mais pas de résultat, Vert = élément trouvé, Orange = Recherche encore à faire, vous allez pouvoir à n’importe quel moment reprendre vos recherches là où vous les avez interrompues. Thomas MacEntee recommande d’utiliser l’application gratuite Popplet.com, mais vous pouvez aussi utiliser Framindmap, que préconise Maïwenn Bourdic.

J’ai enfin compris à quoi l’outil pourrait me servir, mais comme je ne suis pas très organisée, il va falloir que je m’oblige à le mettre en place. Par exemple, cela aurait été une excellente idée que je fasse justement une carte heuristique sur les recherches concernant Wilhelm Kuehner, ancêtre de mon mari, et son départ vers 1830 de Stuttgart vers Odessa avant d’aller faire mes recherches à la bibliothèque. Oui, mais je n’ai pas encore pris le temps de le faire. En fait, le principal problème du mind mapping, c’est que ca prend un peu de temps, ca exige une certaine organisation. Donc en résumé c’est un superbe outil d’organisation, mais qui convient surtout aux gens organisés …. Malgré tout, la conférence était vraiment intéressante et m’a donné envie d’essayer. Si je me lance, je vous en parlerai.

Ensuite, j’ai assisté, avec Audrey d’Heredis, à la conférence faite par Sophie Boudarel. Nous étions là toutes les deux au premier rang pour la soutenir. Une petite cinquantaine de personnes étaient dans la salle, toutes intéressées par le sujet, que Sophie maitrisait et qu’elle a su rendre vivant.

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L’année dernière, Geneanet avait fait une conférence, cette année c’est la Gazette des Ancêtres, espérons que cet élan va continuer, il est bon que les Français soient représentés à RootsTech.

Sur les jours suivants, j’ai assisté à deux conférences ayant trait aux analyses ADN.

Michelle Goodrum a parlé simplement et clairement de ce qu’on peut attendre de chacun des tests. Michelle nous a montré de nombreuses diapositives très claires et pratiques, qui ne figurent malheureusement pas dans les syllabus mis en ligne. Autant je comprends qu’avant la conférence, le contenu en reste un brin secret, mais une fois que la conférence a été faite, pourquoi ne pas donner aux participants la possibilité de télécharger et de relire complètement les diapositives ? J’ai surtout retenu que pour ceux qui souhaitent se lancer dans un test, il est préférable de passer par Ancestry pour les tests autosomaux, et par FamilyTreeDNA pour les tests sur l’ADN Y et l’ADN Mt. A priori, je n’ai rien découvert que je n’avais pas encore compris, au moins dans les grandes lignes.

Paul Woodbury  a expliqué comment mettre en place un plan pour retrouver ses ancêtres par l’analyse ADN. Le principe est de savoir qui convaincre de faire une analyse pour en obtenir le meilleur ratio coût / résultat. Même quand légalement les tests sont possibles, financièrement on ne peut pas tester tous ses cousins lointains. Si vous cherchez à vraiment compléter votre arbre généalogique, c’est à dire à identifier un ancêtre qui vous échappe, il va falloir trouver la personne la plus susceptible de vous apporter une réponse. D’où la nécessité d’une stratégie pointue. Sur le plan intellectuel, la démarche est intéressante, mais pratiquement en France, aussi longtemps que les tests seront illégaux, une opération de grande envergure de ce genre est à peu près irréaliste.

L’analyse ADN continue à rester une des tendances majeures de RootsTech, de nombreuses conférences à des niveaux différents y étaient consacrées, et les participants aux conférences semblent eux aussi commencer à maitriser les différents aspects de la question. En conséquence, les conférences qui y sont consacrées deviennent plus pointues et plus instructives.

J’ai également assisté à deux conférences consacrées aux recherches en Allemagne. Elles étaient toutes les deux faites par des spécialistes de la question, enseignants à la Brigham Young University – aka l’université mormone – et qui connaissent leur domaine sur le bout des doigts. De nombreux américains ont des ancêtres venus d’Allemagne, et le sujet attire du monde, beaucoup de monde.

Quand Richard Walker a commencé sa conférence vendredi, la salle était plus que comble. Au bout de quelques instants, les très nombreuses personnes qui n’avaient pu entrer se sont bruyamment manifestées, demandant que la conférence soit tenue dans la salle d’à côté, vide, et presque deux fois plus grande. Pourquoi n’avait on pas dès le départ pensé à installer le conférencier dans cette salle tellement plus grande ? J’imagine qu’il doit être compliqué de savoir quelles conférences attireront du monde, malgré l’application RootsTech  – que beaucoup n’utilisent pas. En théorie, il est précisé qu’il n’y a pas de réservation de place, que c’est un placement au premier assis, mais devant la révolte le conférencier a cédé, malgré les murmures outrés de ceux qui étaient venus s’installer dans la salle depuis plus de 45 minutes ….

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Le Syllabus de la conférence est très complet, vous pouvez le trouver ici. Entre autres conseils judicieux, le conférencier nous a suggéré de localiser qui peut détenir la Bible familiale, dans laquelle les familles allemandes inscrivaient les événements familiaux : naissances, mariages, décès. Une source parfaite quand on a la chance de la trouver. Il nous a enfin conseillé vivement l’utilisation de deux livres de Roger Minert, le second conférencier, que l’on peut a priori se procurer sur Amazon.us

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La dernière des conférences à laquelle j’ai assistée était justement tenue par Roger P. Minert, qui vient de faire une recherche en Allemagne sur l’existence de recensements. Sa conclusion est sans appel, il y a bien, environ tous les trois ans, des recensements nominatifs de la population allemande, depuis la fin des guerres napoléonniennes. Ils ne sont malheureusement pas archivés tous de la même façon, parfois ils sont aux archives de la ville, aux archives du comté ou de l’état. Fréquemment les archivistes n’en avaient même pas connaissance avant qu’il ne mette la main dessus. Courant 2016, un livre exposant le résultat de ses recherches sera publié et permettra aux chercheurs de mettre la main sur ces documents souvent précieux pour compléter l’histoire d’une famille ou résoudre une épine. A titre personnel, les recensements de Stuttgart entre 1815 et 1832 me permettraient peut etre de résoudre une des questions que je me pose.

La conférence s’est terminée dans l’émotion, quand Roger P. Minert, apparemment très connu et très aimé, a annoncé qu’il venait de faire sa dernière conférence et allait prendre sa retraite.

Cette année, j’ai vraiment apprécié chacune des conférences auxquelles j’ai assisté. Je me fais un plaisir une fois rentrée en France de regarder celles qui sont mises à notre dispossition en ligne.

Il y a deux ans, j’avais été très critique sur les conférences de RootsTech, mais je n’avais pas compris le système de notation. Si une conférence est dite pour débutant, elle est vraiment pour débutants. Quand l’offre de conférences est aussi abondante qu’ici, il faut un classement précis et plus solide et une fois qu’on l’a compris et qu’on le respecte pour choisir à quoi on assiste, je pense qu’on ne peut être que satisfait. En tout cas, cette année, à titre personnel, je n’ai à aucun moment eu l’impression de perdre mon temps.

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1 commentaire sur “Retour sur RootsTech 2016 – Les conférences

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