Morts pour la France – Août 1914 – Canton de Vouillé

Il y a 100 ans, les peuples d’Europe, puis d’une grande partie du monde, se trouvaient entraînés dans une guerre meurtrière, à laquelle ils ne comprenaient pour la plupart pas grand chose.

J’ai recensé 35 soldats ayant un lien direct avec le canton de Vouillé  morts en Août 1914. Vous pouvez télécharger sur le site ce recensement sous la forme d’un fichier sous format Excel.

Vous trouverez sur le blog tout au long du mois d’août au jour anniversaire de la mort de chacun de ces soldats une biographie plus ou moins courte, et les références des sources le concernant.

Mon intention, très ambitieuse, probablement trop, est de vous présenter pour chacun des  mois de la guerre un article général et une biographie de chacun des poilus. J’ignore si je réussirai à tenir le rythme mensuel, mais à ce jour j’ai bien l’intention d’essayer.

Aujourd’hui, je vous propose d’analyser le dépouillement réalisé pour Août 1914. Mon objectif est de mettre en perspective ces biographies que vous lirez peut être et de comprendre le contexte global dans lequel ces décès ont eu lieu. Je vais en quelque sorte tenter de rapprocher l’histoire officielle de cette première guerre mondiale et l’histoire individuelle des soldats qui y ont trouvé la mort.

Origine et éléments biographiques

Le tableau ci dessous présente le nombre de soldats morts par année de naissance/classe. En majorité, les morts du mois d’août 1914, 17 sur un total de 35, appartiennent aux classes 1911, 1912 et 1913, sous les drapeaux dans le cadre de leur service militaire au moment de la mobilisation générale et formant la première ligne de front.

Viennent ensuite les réservistes de l’armée d’active, appartenant aux classes 1900 à 1910, parmi lesquels on compte 13 poilus morts. 4 soldats sont militaires de carrière. Notons enfin qu’un soldat réserviste de la territoriale figure dans cette liste. Il s’agit de Louis Fraudeau, né en 1872, qui est victime d’un accident à son poste de Garde des Voies de Communication.

Sur le tableau suivant, j’ai analysé l’origine géographique de ces 35 hommes, et donc leur lien avec le canton de Vouillé. Pour que je les prenne en compte dans mon dépouillement, il faut qu’au moins un des éléments biographiques suivants soit intervenu dans le canton de Vouillé : naissance, recensement militaire, transcription du décès, prise en compte dans le Livre d’or de la commune, inscription sur le monument aux morts. Mon but est d’être aussi exhaustive que possible.

Concernant donc les décès d’août 1914, 27 des soldats concernés sont nés dans le canton. Pour 30 d’entre eux, leurs parents résidaient dans le canton lors de leur recensement militaire.

Restent deux poilus, indiqués en jaune dans le tableau, pour lesquels la relation avec le canton est plus “lointaine”.

Aristide Bouchet , né à Brux et recensé à Vouhé, est instituteur à Benassay en 1914. Clément Pineau, né à St Martin du Fouilloux et recensé  à Ménigoute, est charron à Lavausseau en 1914. Ils figurent tous les deux sur le livre d’or et le monument aux morts des communes où ils habitaient et dont ils sont partis pour la guerre.

Août 1914 – Vue d’ensemble

Le tableau ci dessous reprend l’unité d’appartenance de chaque poilu, la date et le lieu de sa mort. L’organisation et la hiérarchie indiquées sont celles de l’armée française à la date de la mobilisation.

Décès d'aout 1914 par date et unité

Décès d’aout 1914 par date et unité

Voici la représentation géographique de ces décès d’août 1914.

Le plan français, appelé Plan XVII, prévoit le déploiement des troupes le long de la frontière franco-allemande en cas de tension diplomatique, avant même toute mobilisation. C’est ce qu’on appelle les opérations de couverture, et elles ont lieu dès le 31 juillet. Mais les consignes sont de rester à l’intérieur de la frontière, en retrait d’une dizaine de kilomètres, pour ne pas provoquer l’armée allemande. Une fois les opérations militaires enclenchées, chaque armée reçoit un objectif, qui va être au coeur des opérations de ce mois d’août 1914 et qu’on va voir se dessiner sur la carte en suivant le macabre chemin que dessinent les pertes humaines.

Plan XVII.svg « Plan XVII »

par LvcvlvsTravail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons
La 1ère armée – L’Alsace

Sous le commandement du général Dubail, forte de 266 000 hommes, avec un groupe de division de réserve de 54 000 hommes, sa mission est d’attaquer vers Mulhouse et Strasbourg et de reprendre l’Alsace. A partir du JMO de la 1ère armée, qui permet d’avoir une vision d’ensemble sur les mouvements et les opérations, voici ce qui est arrivé au 21ème corps d’armée. Pour une meilleure compréhension, les passages en italique sont une recopie sans modification du Journal des Opérations de la 1ère armée.

21 ème CA – Combats de St Blaise – Alsace

Le 21ème Corps d’armée assure des opérations de couverture. Le 7 août, il occupe après engagement les cols du BONHOMME et de Ste-MARIE. Le combat a été très vif en ce dernier point, où le 21ème Corps n’a enlevé que le col même sans pouvoir se rendre maître de Ste-MARIE ni du RENCLOS DES VACHES. Le 11 août, le gros du 21° Corps occupe le col des BRAGUES, PROVENCHERES, sans rencontrer de résistance sérieuse; vers le nord le détachement de couverture de la 13° Don tient toujours la ligne MONTIGNY – BADONVILLER. Le 12 août, le gros du [21°] Corps d’Armée occupe SAALES et BOURG-BRUCHE sans rencontrer de résistance sérieuse. Le 13 août, le 21° Corps tient le débouché nord de la trouée de SAALES et par le détachement BARBADE les vallées de la PLAINE et du RABODEAU. Le 14 Août – Offensive générale de la 1° Armée, en combinaison avec la II°, vers le N.E. dans la direction générale de SARREBOURG. En fin de journée : Le 21° Corps d’Armée a atteint le DONON et St-BLAISE où il a eu un engagement heureux avec l’ennemi.

Ce 14 août, au cours de l’engagement heureux avec l’ennemi, Léon BRANGER et Alfred CHAUVIN sont tués à l’ennemi à Plaine et St Blaise.

Extrait du JMO de la 1ère armée

Extrait du JMO de la 1ère armée

Le 15 août, Continuation de l’offensive. Le 21° Corps organise le DONON et la région de St BLAISE. Le 16 août, Continuation de l’offensive. Le 21° Corps continuant à organiser la région du DONON a poussé sa division de droite jusqu’à SCHIRMECK. Le 17 aoûtAu 21° Corps, tandis que l’une des divisions barre la vallée de la BRUCHE et occupe le DONON, le gros du Corps d’Armée se rassemble prêt à se porter à travers le DONON sur St-QUIRIN et ABRESCHWILLER.

Ce 17 août, Gabriel PAIRON est tué à l’ennemi à Saales.

Le 18 août, la 13° Division tient toujours le DONON et la vallée de la BRUCHE. Elle est rattachée provisoirement au 14° Corps qui rassemble ses éléments disponibles vers St-BLAISE. […] Le Général Commandant la 1° Armée s’attend […] à une attaque sur son flanc droit. Il pense donc le 19 attaquer par sa gauche en refusant son centre et sa droite, prêt à contre-attaquer au centre tout en maintenant l’occupation du DONON. Le 19 août […] Pendant ce temps dans les Vosges, la 13° Don semblait fléchir, perdait SCHIRMECK et ramenait sa droite sur GRAND FONTAINE. Le 14° Corps préparait une attaque dans la vallée de la BRUCHE pour la dégager.

Ce 19 août, Eugène CHAUVIN disparait à Schirmeck.

Le 27 août, le 352ème RI après presque un mois de combats en Alsace, quitte Belfort pour partir en renfort pour le Nord. Il combattra à partir du 29 août dans les Ardennes, sur la ligne de front attribuée à la 4ème Armée.

La 2ème Armée – Le Grand Couronné

Sous le commandement du général de Castelnau, sa mission est d’attaquer vers Morhange. Elle dispose au moment de la mobilisation de 323 000 hommes et du 2ème groupe de divisions de réserve. C’est dans cette 2ème Armée que se retrouvent le 2 août 1914 la majorité des poilus du canton de Vouillé, puisqu’on y retrouve le 9ème Corps d’Armée, correspondant à la 9ème région militaire, dont le siège est à Tours. Il faut préciser que le 19 août, des ordres sont donnés à une partie des régiments du 9ème Corps d’Armée pour partir en renfort pour les Ardennes, où opère la 4ème Armée. Les aléas militaires entrainent un contre ordre qui arrive pendant l’embarquement des troupes. De ce fait, certains bataillons de certains régiments sont partis vers les Ardennes, d’autres sont restés sur Nancy.

C’est  à partir du Journal de Marche de la 2ème Armée, des Journaux de Marche des divisions et des régiments que je vais exposer dans quelles circonstances les 11 poilus concernés qui ont participé à la bataille du Grand Couronné ont trouvé la mort.

Le Grand Couronné – Août 1914

Le 9 août, le 9è CA s’établit sur la rive gauche de la Meurthe et sur la Moselle autour de Pont St Vincent. Le 20ème Corps d’armée maintient ses emplacements et prend ses dispositions pour relever ses éléments de couverture au S.E de la ligne jalonnée par le ruisseau de la Pissotte, les lisières Est des forêts de St Paul et de Champenoux, du bois Morel, du bois de Goutte, Moncel, la grand route de Moncel à Chateau Salères jusqu’à la Seille.

La 2ème Armée assure des opérations de couverture dans la région du Grand Couronné pendant les jours suivants, sans affrontements spécifiques, et surtout sans perte humaine pour les poilus de Vouillé.

Le 14 août, la 2ème Armée passe à l’offensive. Une partie du 9ème Corps d’Armée, dont le 68ème RI, rejoint la 4ème Armée vers Rethel. La 2nde Armée avance jusqu’au 20 août, quand elle se heurte à la contre offensive de l’armée allemande. Le mouvement de retraite de l’armée commence le 20 août, suivant l’ordre donné à 16h30 au poste de commandement d’Anacourt et d’après lequel, l’armée doit se dérober pendant la nuit couverte par des arrières gardes tenant le front. […] Les embarquements du 9è CA étaient arretés et les éléments non embarqués [..] placés sous les ordres du général Ct le 2e groupe de DR pour assurer de concert avec les 59è et 70è DR la défense du front fortifié de Nancy.

Ce 20 août 1914, Célestin Anatole est tué à l’ennemi à Pévange. Le même jour, à Nomény, Aristide Bouchet disparait au combat, pendant que ses compagnons d’armes, Armand Laroche, Xavier Moreau et Edouard Sureau, sont tués à l’ennemi.

 Le 22 août, l’attaque allemande se renforce. Le 23 août marque une légère pause, pendant laquelle l’armée allemande installe des batteries d’artillerie. Les régiments se regroupent et s’organisent pour la défense de Nancy.

Extrait de La bataille du Grand Couronné sur Gallica  - http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65281068

Extrait de La bataille du Grand Couronné sur Gallica

Les Allemands alignent environ 350 000 hommes, tandis que du côté français, en raison des prélèvements d’unités vers d’autres fronts, et des pertes déjà subies lors des opérations de retraite, on ne peut compter que sur 225 000 hommes. La bataille pour la défense de Nancy, dite du Grand Couronné, qui durera plusieurs jours, commence effectivement le 24 août.

Le 24 août, Maurice PETONNET est tué à l’ennemi à Erbevillers. Le même jour, Maurice RIVIERE est porté disparu après les combats à Erbevillers et Alexandre SABOURAULT est porté disparu à Rémeréville. Le 25 août, Fernand BILLEROT et Norbert CHAILLOT sont tués à l’ennemi à Erbevillers et Narcisse GABARD est tué à l’ennemi à Rémeréville.

Malgré la puissance de feu allemande, les troupes françaises résistent. Le 27 août, le général Joffre, Commandant en chef de l’Armée française, adresse l’ordre du jour suivant aux armées de Lorraine:

Les 1ère et 2ème armées donnent en ce moment un exemple de ténacité et de courage que le général commandant en chef est heureux de porter à la connaissance des troupes sous ses ordres. Indépendamment des corps de couverture, dont quelques uns ont combattu depuis l’ouverture des hostilités, ces deux armées ont pris, le 14 août, une offensive générale, obtenu de brillants succès jusqu’au moment où elles se sont heurtées à une barrière fortifiée et défendue par des forces supérieures. Après une retraite parfaitement ordonnée, les deux armées ont repris l’offensive en combinant leurs efforts, et réacquis une grande partie du terrain perdu. L’ennemi plie devant  elles, et son recul permet de constater les pertes considérables qu’il a subies. Ces deux armées combattent depuis 14 jours sans un instant de répit, avec une inébranlable confiance dans la victoire, qui appartient toujours au plus tenace …”

Nancy ne tombera pas, mais les combats du Grand Couronné vont se poursuivre.

La 3ème Armée – Bataille de Longwy

Sous le commandement du général Ruffey, la 3ème Armée se concentre autour de St Mihiel et Verdun. Sa mission est de surveiller la place de Metz, qui est située en territoire allemand. Elle compte avant le début des hostilités 237 000 hommes, et va rapidement dans le courant du mois recevoir des divisions supplémentaires venues principalement de la 1ère Armée.

Aout 1914 – Ligne de front de la 3ème Armée

La prise de commandement est effective le 6 août à Verdun.

Les premiers jours, des éléments de la cavalerie et des chasseurs, parmi lesquels le 9ème Groupe de Chasseurs Cyclistes, effectuent des reconnaissances. Le 10 août, le 24ème Dragons et quelques éléments du 9ème GCC se heurtent violemment aux Allemands dans la région de Marville.

C’est au cours de ces affrontements, le 10 août à Vézin, que Joseph DELAITRE est blessé. Transporté à l’hôpital de campagne de Marville, il y meurt de ses blessures le 11 Août. Il est la première victime originaire du canton de Vouillé.

Jusqu’au 14 août  les opérations de transport par voie ferrée des différents régiments, dans la région de Fresnes en Woevre se poursuivent.

Le 20 août dans la nuit, le général Ruffey donne l’ordre à la 3ème Armée de commencer son offensive le lendemain 21 dans la direction générale d’Arlon. La mission de l’Armée est de courir la droite de la 4ème Armée. Elle doit en même temps être prête à s’engager face à l’Est s’il était nécessaire. 

Le Plan XVII prévoit une attaque à travers les Ardennes, région boisée et d’accès peu facile, pour soutenir l’invasion française de l’Alsace Lorraine. Les stratèges français imaginent qu’il y aura peu de troupes allemandes devant eux.

Ce 20 août, au sud de Nancy, certains régiments des 7ème et 9ème Corps d’Armée embarquent à destination de Pont à Mousson. Le contre ordre émis par la 2ème Armée va séparer certains des régiments, dont un bataillon se retrouve impliqué dans les combats en Ardennes pendant que les autres participent aux combats du Grand Couronné. C’est le cas pour le 352ème RI, le 68ème RI, et le 77ème RI. Quant au 114ème RI, ce sont les renforts arrivant du dépôt qui vont être mal aiguillés, et une grande partie du contingent de renfort du 114ème RI sera décimé à Novion-Porcien dans le cadre des opérations de la 4ème armée, alors que le régiment dans son ensemble continue à opérer sur la ligne de front tenue par la 2ème Armée.

Les combats des 22 et 23 août menés par la 3ème Armée sont désormais connus sous le nom de Bataille de Longwy.

Le 21 Août, la 3è armée exécute les mouvements prescrits par l’ordre général d’opérations n°16. […] 22 Août : la marche en avant commence au milieu d’un brouillard intense. Le poste de commandement du général comt l’Armée est à Marville. […] 6e CA . Très violemment attaqué sur son front : dans l’après midi, la 40° Don qui supporte l’effort principal de l’ennemi est obligée de se replier. (JMO de la 3ème Armée)

Le combat reprend le 22 août à 5 heures du matin. Le brouillard est présent sur toute la région, le long de la frontière belge, et l’artillerie ne peut intervenir en avant de l’infanterie, pour lui faciliter son avance. Les régiments français combattent toute la journée et se heurtent à une armée allemande qu’elles n’arrivent pas à faire reculer.

22 Aout 1914 - Bataille de Longwy - Source de la carte : Sambre Meuse Yser.be

22 Aout 1914 – Bataille de Longwy – Source de la carte : Sambre Meuse Yser.be

Quand les régiments se regroupent le soir, ils ont laissé sur le terrain de très nombreuses victimes. Ce 22 août 1914 est le jour le plus meurtrier de l’histoire de France.

Ce 22 août 1914, Jean Baptiste FEVRIER et Léon GARNAUD sont portés disparus à Fillières, Claude MOREAU et Alcide FRADET sont tués à l’ennemi à Gorcy, Adrien GODU est tué à l’ennemi à Ville-Houdlémont et Hilaire GIRARDIN est porté disparu à Joppécourt.

La 4ème Armée – Les Ardennes – Bataille de Neufchateau

Placé sous le commandement du général Langle de Carry quand la guerre éclate, la 4ème armée est forte d’environ 150 000 hommes. Selon le plan XVII, elle doit rester en réserve dans l’Argonne.

Le 7 août, l’Etat Major de la 4ème Armée s’installe à St Dizier.

Quand la situation militaire commence à évoluer de façon défavorable pour la France, et qu’il devient évident que le Plan XVII ne sera pas un succès, Joffre modifie ses objectifs. Il décide de lancer une attaque vers le Nord, pour couper la route aux armées allemandes qui progressent vers l’Ouest. Des renforts, pris sur la 2ème Armée, sont envoyés.

19 août : L’armée est informée qu’elle sera grossie du 9è Corps d’armée, débarquant dans la région Mézières Sedan à partir du 20 Août au matin, et de la division Marocaine, débarquant à la même date à l’Ouest de Mézières et rattachée au 9è Corps. 

Dans ces renforts se trouvent le 68ème RI, un contingent de renfort du 114ème RI, séparé par erreur de son régiment, et une partie du 77ème RI. Les régiments n’ont pas forcément été réacheminés en totalité en raison de la tournure désavantageuse à partir du 19-20 août des combats sur la ligne de front tenue par la 2ème Armée.

Aout 1914 - 4ème Armée

Aout 1914 – 4ème Armée

Le 21 août au soir, le général donne ses ordres pour la journée du 22.

21 Août : L’armée atteint le 21 au soir le front Paliseul, Bertrix, Florenville, Meix devant Virton, en liaison avec la IIIè armée dont la gauche est à Virton. Les ordres de l’Armée pour le lendemain prescrivent la marche en avant de toute l’armée vers le Nord; à droite, la IIIè armée doit marcher en échelon refusé, prête à faire face à toute attaque venant des directions d’Arlon et de Fontoy. 

Le 9ème Corps d’Armée doit attaquer à gauche, en direction de Bièvre – Houdremont – Alle – Bohan. Le 12ème Corps d’armée doit attaquer en direction de Recogne – Libramont. Le Corps colonial doit attaquer en direction de Neufchâteau.

Le 22 août, comme autour de Longwy, le temps est brumeux, le brouillard est parfois épais. Quand la matinée avance, il fait une chaleur torride. Les affrontements tout au long de la journée sont violents, et quand vient le soir, il faut constater que l’offensive a échoué. Les troupes françaises sont rejetées au sud de la frontière, incapables de barrer la route à l’armée allemande.

Ce 22 Août, Charles LANDREAU, sous lieutenant au 3ème RIC, est porté disparu à St Vincent. Ce même 22 aout, ou peut etre le 23, la date est incertaine, Clément DAVID et Florimond TEXEREAU sont portés disparus à Houdremont, et Alcide LECHEMEAU est porté disparu à Bertoncourt.

Dès le 24 août, la retraite s’organise. Le général Langle de Cary se retire, mais en résistant malgré tout à l’armée allemande, ralentissant son avancée.

Le 28 août, Louis MONAURY est tué à l’ennemi à Moislains. Le 29 août,  Auguste BRIAND est porté disparu à Proyart, et Octave CHAPRON meurt des suites de  blessures de guerre . Le 30 Août, François CHAUVIERE, Paul CHAUVIN et Gaston MARCIREAU sont tués à l’ennemi à Bertoncourt. Il est vraisemblable que que c’est aussi le même jour qu’Alcide LECHEMEAU va disparaitre au combat, et non le 22 août comme cela a été porté a posteriori sur sa fiche matricule.

Le 31 Août, à Novion-Porcien, Clément PINEAU et avec lui une grande partie du contingent de renfort du 114ème RI, arrivé sur le front quelques jours plus tôt, est tué à l’ennemi.

Louis Victor GAULT, gendarme appartenant à la 2ème Légion de Gendarmerie, stationnée à Amiens, est tué à l’ennemi dans l’Aisne à Trosly-Loire.

Le 31 Août 1914, lorsque le premier mois de guerre se termine, 35 hommes originaires du canton de Vouillé sont tombés à l’ennemi. Août 1914 est le second mois le plus meurtier des 4 années de guerre qui commencent, juste supplanté par le mois de septembre 1914, quand 45 hommes vont trouver la mort en raison des combats.

Cet article a été rédigé à partir d’un grand nombre de sources, dont certaines sont indiquées ci-dessous. Si vous avez relevé des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part.

Sources et liens
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Comments

    • Brigitte says

      merci Christine
      Je viens d’aller lire les lettres de votre arrière grand père, j’ai ajouté le blog dans ma liste de lectures quotidiennes

  1. says

    Superbe travail que j’ai imprimé, lu et apprécié dans le train ce matin, en particulier les tableaux.

    J’aime bien aussi la prèsentation reprenant l’organisation hiérarchique de l’armée en 1914 qui permet d’avoir une vue d’ensemble des troupes en présence.

    Continue à nous régaler

    • Brigitte says

      merci thierry.
      Le tableau, c’est un outil de travail au départ, histoire de m’y retrouver et de “remettre de ll’ordre” dans le déroulement des événements et dans ma tête …
      et après je me suis dit que si ca m’aidait à comprendre, ca pouvait aider les lecteurs

    • Brigitte says

      en fait, ce n’est pas une intro, mais un article de couverture plutôt, une remise en place des événements. Les articles concernant chaque soldat sont très différents – en fait différents les uns des autres :)

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