Le mariage d’Arsène Reau et Sylvie Métivier – 2

Il ne doit pas être loin de 14 heures en ce samedi 14 septembre 1929, quand la noce, de retour après la procession sur les routes de campagne entre l’église d’Ayron et le hameau de la Brissonnerie, se met en place  pour la traditionnelle photo de mariage. Le photographe vient il de Parthenay, de Neuville ou de Vouillé ? Avec une copie numérique, difficile à savoir.

Mariage Arsène Reau et Sylvie Métivier - 14/09/1929 - Ayron

Mariage Arsène Reau et Sylvie Métivier – 14/09/1929 – Ayron

On a disposé des bancs près de la maison, et tout le monde s’installe autour des mariés, dans un ordre plus ou moins établi. Les mariés debout au centre, leurs parents assis de part et d’autre sur des bancs, les personnes âgées et les petits enfants assis au premier rang, debout derrière un premier rang, puis les plus jeunes ou les plus agiles qui montent sur les bancs, toujours plus haut. J’imagine les rires, les petits cris de fausse frayeur des invités, tous sur leur trente et un. Un mariage, pour ces paysans qui travaillent dur, c’est un vrai moment de fête, que l’on prépare depuis des semaines. Les hommes sont allés à Parthenay, Neuville  ou Poitiers acheter un costume, des chaussures neuves, les femmes ont cousu leur robe, ou l’ont fait faire par une des couturières du canton, avec un tissu acheté probablement à Neuville – où il y avait encore sur la grand place du marché quand j’étais petite fille un très beau magasin de tissus, très bien fourni.

En cette année 1929, c’est cool et “in” de fumer, vous remarquerez qu’au dernier rang, trois jeunes filles ont la main droite posée sur l’épaule de leur cavalier, et dans cette main, une cigarette …. symbole de modernité et d’émancipation.

Plus de soixante dix personnes sont présentes sur cette photo, je n’ai pas pu et de loin toutes les identifier. J’ai pourtant fait un grand tableau pour recenser tous les membres des deux familles Reau et Métivier probablement vivants  en septembre 1929, mais il me manque trop d’éléments sur la famille de la mariée pour vraiment en tirer quelque chose. Je vais garder tout ça au chaud, peut être pourrai je identifier plus de monde en trouvant d’autres photos de mariage de cette époque.

Qui sont ils donc, ceux que j’ai reconnus sur cette photo ?

Honneur aux mariés

1 – Arsène Reau : Second fils de François Reau et Clémentine Pelletier, il est né le 6 Août 1906 à Cramard, commune de Chalandray. Remarquez le noeud papillon blanc, les gants, blancs aussi, et les souliers vernis. On n’a pas hésité à dépenser pour ce mariage, parce qu’en septembre 1929, la situation économique partout en France est bonne, meilleure que dans les autres pays européens. Le chômage est presque inexistant, la mécanisation et les engrais commencent à arriver doucement dans les campagnes, où les rendements augmentent rapidement. Comment ne pas être optimiste et ne pas croire en un avenir radieux ?

2 – Sylvie Métivier : Elle est née à Vasles, au lieu dit le Chalet, le 19 mars 1909. Les registres d’état civil de la période 1903-1912 aux Archives Départementales des Deux Sèvres devraient être en ligne vers la fin de l’année, je pourrai alors accéder aux informations la concernant. Je sais qu’elle a un frère Alexis, qui est témoin à son mariage, mais sur lequel je n’ai pu actuellement trouver aucune information.

Passons aux parents des mariés

3 – François Reau : père du marié, né à Jazeneuil le 25 juin 1874. J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de lui en commentant son registre matricule. Sur cette photo, il a 53 ans. Ses quatre enfants: Achille, Arsène, Clodomir et Régine, et l’ainée de ses petits enfants, la première de ses descendants, ma tante Françoise, sont présents. De toutes les personnes appelées à signer le registre des mariages, à savoir les mariés, leurs deux témoins, et les pères et mères des mariés, il est le seul à ne pas savoir signer. Ses parents, Hilaire Reau et Sophie David, sont décédés depuis longtemps, donc pas de grands parents paternels du marié sur la photo, c’est une chose sûre.

4 – Clémentine Pelletier :  mère du marié, née à Chalandray, hameau de Lavausseau – ou La Vauceau selon les actes et les cartes – le 25 mai 1879. Elle a donc 50 ans sur cette photo. C’est à elle qu’appartient la coiffe de mariage que je vous ai montrée dans l’article précédent. Ses parents à elle aussi sont morts depuis longtemps, donc pas non plus de grands parents maternels du marié à chercher sur la photo.

5 – Victor Métivier : père de la mariée, il est né à Chalandray le 3 juillet 1876. Le 4 septembre 1901, il a épousé à Vasles Nathalie Métivier, la fille du fermier Jean Théophile Métivier chez lequel il était ouvrier agricole. A priori, pas de lien de parenté proche entre Victor et Nathalie Augustine, du moins pas assez proche pour que je l’ai retrouvé. Les archives de la Vienne ont mis en ligne l’état civil jusqu’en 1912, j’ai pu donc trouver les dates de décès en 1906 et 1909 de ses parents. Donc, pas de grands parents paternels du côté de la mariée non plus sur la photo.

6 – Augustine Métivier : mère de la mariée. Elle est bizzarement la seule à avoir gardé son chapeau pour la photo. Née le 7 mai 1884 à La Peyratte, elle a 45 ans. Son chapeau cloche et ses vêtements sombres lui donnent l’air d’être bien plus âgée … J’ignore si ses parents sont encore en vie, ils habitent dans les Deux Sèvres et je n’ai donc rien encore pu vérifier en ligne. Sa mère, Eugénie Bahuault, a 77 ans si elle est encore vivante. Mais je ne vois personne dans ce groupe qui puisse avoir 77 ans.

Les frères et soeur du marié

7 – Achille Reau : mon grand père, frère ainé d’Arsène, et son témoin. Né le 21 mai 1904, il a 25 ans sur cette photo. Il est maréchal des logis chef à l’Ecole de Cavalerie de Saumur.

8 – Marie Rose Guignard : ma grand mère, l’épouse d’Achille – et sa cousine au second degré. François Reau, son beau père, est également le cousin germain de la mère de Marie Rose, mon arrière grand mère Marie Quintard. Allez, vous n’échapperez pas au petit schéma pour vous rappeler qui est qui …

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Marie Rose est née le 13 mars 1908, elle a un peu plus de 21 ans sur cette photo, et déjà deux filles. L’ainée, Françoise – 9 – est debout devant elle. La seconde, Monique, qui est née le 11 mars 1929 à Saumur, n’a que 6 mois, elle est probablement restée à Latillé, sous la garde de sa grand mère maternelle, Marie Angèle Quintard.

9 – Françoise Reau : ma tante maternelle, la fille aînée d’Achille Reau et de Marie Rose Guignard, l’aînée des 13 petits enfants que vont avoir François Reau et Clémentine Pelletier. Née le 11 janvier 1928 à Saumur, elle a 20 mois sur cette photo, et un minois espiègle.

Elle tient la main d’une petite fille de 9 ans,

10 – Régine Reau : ma grand tante, la dernière des quatre enfants de François et Clémentine. Régine est née le 15 octobre 1921, longtemps après ses frères ainés …. Les hasards de la vie de couple quand la contraception n’était pas à l’ordre du jour … De toutes les personnes dont je viens de vous parler, Régine est  la seule encore en vie en ce jour où j’écris l’article.

 

Je ne peux pas arrêter là sans vous faire part de quelques unes de mes questions.

  • Je ne sais pas où sur cette photo est Clodomir Reau, le troisième des fils de François et Clémentine. Né le 10 novembre 1917, il a pas loin de 12 ans, mais je ne connais pas son visage. Est ce le 11 ou le 12 ? J’ai essayé de jouer au jeu des ressemblances, je pencherais plutôt pour le 11 …. mais sans aucune certitude.
  • Le visage du 13 m’évoque quelque chose, en le voyant je pense à celui que petite fille j’appelais Tonton Delphin, parce que maman l’appelait tonton Delphin, bien sûr … Delphin Reau est un des frères de François Reau, et donc l’oncle du marié et de mon grand père Achille. Il est né le 18 décembre 1880 et a fait toute sa carrière professionnelle dans les Chemins de Fer de l’Etat, ancêtre de la SNCF. En 1929, il aurait donc 49 ans, et la femme près de lui serait par déduction son épouse tante Josephine. Je ne sais pas s’il s’agit d’eux, peut être ma famille en lisant cet article pourra t’elle me le confirmer. Ces deux visages me parlent, mais les souvenirs que j’ai d’eux ont plus de quarante ans …..
  • Qui est cette dame avec une coiffe typique – 14 ? Son visage m’évoque très fortement celui de ma tante Régine quand elle avait une cinquantaine d’années. Je suis donc persuadée que cette dame fait partie de ma famille, c’est probablement une Reau ou une Pelletier, une des soeurs de mes arrières grands parents. Alors laquelle ? …
  • Au jeu des visages qui me parlent, il y a aussi le petit minois du 15, qui se tient sagement à côté du 11 – Clodomir ? Cette petite fille, elle ressemble beaucoup à la petite dernière qu’Arsène et Sylvie auront en 1945, Hélène …. Une cousine germaine de mon grand père ? Peut être ….

 

Le travail que j’ai effectué ces derniers jours sur cette photo m’a fait prendre conscience du fait que mes photos personnelles ne sont pour la plupart pas renseignées. Elles ne sont même pas scannées …. Je viens donc d’ajouter une tâche à ma liste sans fin de tâches à accomplir : la numérisation et l’indexation de mes photos de famille …

Comments

  1. Brigitte says

    Certains numéros avaient “glissé”, désolée. Ajout du numéro 16 : Marie Josèphe Reau, cousine germaine du marié Arsène, fille de Delphin Reau

  2. Gloria Godard says

    Nous avons beaucoup travaillé sur les nombreuses photos de mariage. C’est passionnant de le faire avec les plus anciens de la famille. Mon beau-père (90ans) nous a aidé de son mieux. Et puis d’une photo à l’autre au jeu des ressemblances, on arrive petit à petit à identifier.
    Merci pour ce billet !

  3. Anne Dardaud says

    J’adore la photo penchée ! Joli billet !Et je suis d’accord, il est important d’indexer les photos, encore plus maintenant où l’on ne fait quasiment plus d’albums ! Et encore mieux lorsque c’est possible sur les clichés les plus anciens, faire identifier les personnes par ceux qui les ont connues. Un beau travail en perspective…
    Anne

    • Dominique Chadal says

      Je ne suis pas sûre que la photo soit penchée, en regardant les verticales de la maison, je pense que c’est plutôt le terrain. Peu importe, Brigitte a fait un beau travail en identifiant une quinzaine de personnes.

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