Cournanel, le berceau des Billard

Vous ne connaissez pas Cournanel ? Franchement, ça ne m’étonne pas. Fin septembre, j’ignorais totalement où se trouvait ce village …

Et puis, enfin, enfin, le département de l’Aude a mis en ligne sur un joli site tout neuf les registres de l’état civil – enfin pas tout, juste ce que les Mormons avaient déjà microfilmés, mais c’est mieux que rien.

L’Aude, c’est le département sur lequel je bloque pour remonter ma lignée patronymique, les Billard.

J’avais eu quelques renseignements grâce à des bénévoles sur l’Aude, dont l’acte de mariage de Michel Firmin Billard et Marie Thérézine Moustelon à Tourouzelle, mais j’avais besoin de chercher moi même dans les archives pour pouvoir remonter cette lignée.

Alors vous imaginez mon plaisir d’avoir enfin accès à ces registres tant attendus.

Je ne connais pas du tout l’Aude, j’ai  traversé la région sur la route des vacances, mais sans jamais vraiment y faire du tourisme. Je n’y ai à peu près aucun repère, ni historique ni géographique. Je compte bien remédier à cette situation dans les années à venir.

En attendant, j’ai voyagé pour suivre mes Billard, et j’ai pu les pister de Tourouzelle jusqu’à Cournanel.

Voici un arbre simplifié de mon ascendance patronymique, tel que reconstitué une semaine après la mise en ligne des archives de l’Aude.

Ascendance Billard

Ascendance Billard

 

L’orthographe de notre nom, avant la révolution, était parfois BILHARD, parfois BILLARD. Le  plus lointain ancêtre retrouvé, ce Jean Bilhard qui était ménager, c’est à dire laboureur dans le parler du Sud, sait signer, et signe son nom Bilhard.

Signature de Jean Bilhard en 1740

Signature de Jean Bilhard en 1740

 

Cournanel, qui s’appelait Cornanel sous l’Ancien Régime, est un petit village à proximité de Limoux, à une trentaine de kilomètres au sud de Carcassonne.

Carte IGN - Geoportail

siècleCarte IGN – Geoportail

 

Approchons nous de la région de Limoux, c’est autour de cette petite ville, bien connue pour ses vignes, que nous allons retrouver la lignée Billard au 18ème et 19ème siècle.

Carte IGN des environs de Limoux - Geoportail

Carte IGN des environs de Limoux – Geoportail

 

Les quatre villages concernés, Cournanel, Routier, Lauraguel et Pomy, sont de tous petits villages. En 1793, il y a moins de 400 habitants à Cournanel, et les trois autres villages ne sont pas plus peuplés. Le grand avantage de ces petits villages, c’est qu’il est plutôt rapide d’éplucher les registres locaux, quand bien sûr ils sont arrivés jusqu’à nous, ou plutôt jusqu’au technicien qui les a photographiés, dans un état correct. Ce n’est pas le cas pour Cournanel, où les registres ont beaucoup souffert, ont pris l’eau, et de nombreuses pages sont difficilement lisibles.

Le décor est dressé, je ne fais que commencer mes recherches. Pour l’instant, quelques indices me laissent penser que Jean Bilhard n’est pas originaire de Cournanel, mais les registres du village ne remontent qu’en 1726, il va me falloir donc des recherches beaucoup plus approfondies pour éventuellement retrouver des traces antérieures.

Comments

  1. says

    Bonsoir.
    Je viens de visiter votre site sur le blog les carnets de kadorg,un grand bravo beau travail de recherche et de partage. je le garde dans mes favoris.
    Une possibilité sur notre patronyme Billard (t) Billiard (t)
    Origine nom de personne d’origine Germanique bilihard qui a donné aussi Bilard formé avec la racines Bili = doux aimable et hard= dur fort
    cordialement Alain Billard.

  2. says

    Adishatz,

    Effectivement, en occitan languedocien, le ‘lh’ se pronnonce comme le ‘ill’ français. Donc BILHARD = BILLARD
    De même, le ‘o’ se prononce ‘ou’. Donc Cornanel = Cournanel ;-)

    Pour le ménager, je dirais que c’est quand même l’échelon au dessus du laboureur, terme que l’on retrouve également par chez nous. Le ménager est déjà un petit propriétaire terrien qui fait exploiter ces terres par d’autres. On trouve parfois l’appellation “ménager vivant de ses revenus”.

    Cournanel, Routier, deux villages que nous partageons. Je suis sûr qu’on va le trouver ce cousinage !

    A léu !

    • Brigitte says

      Hello futur cousin :)
      Tout s’explique tellement mieux quand on connait un minimum la langue et la culture.
      Dans un acte de baptême, le père de l’enfant est qualifié de “pasteur a bilhard”, ce qui après m’avoir beaucoup fait rire, m’a conduit à penser qu’effectivement mon Jean Bilhard devait avoir un peu de biens … Et j’ai trouvé une piste que je remonte et dont je parlerai bientôt.

      • says

        Pasteur = pastre = berger ;-)

        Peu de chance, je pense, qu’il s’agisse d’un pasteur au sens protestant du terme (quelle année ?). Il s’agit plutôt d’un berger au sens propre. Ce qui laisse supposer une belle petite ascension sociale pour ton Jean ;-)

        • Brigitte says

          :) je me suis mal exprimée, mon Jean est le parrain du bébé, et donc l’employeur du père de l’enfant. Et après un instant d’hésitation, j’avais bien interprété qu’il s’agissait d’un berger. Limoux est terre de tissage, de ce que je découvre, donc le mouton devait paitre dans le coin. Et qui dit mouton dit berger :)

  3. says

    Bonjour Brigitte,
    belle recherche et belle écriture.
    je m’interrogeais sur le terme : lignée patronymique en généalogie, bien que j’en comprenais parfaitement le sens, la lignée du nom du père. Pourtant en généalogie, on parle davantage de lignée agnatique pour ce type de recherche.
    Comme souvent en langue française, l’origine des mots introduise des différences de vocabulaire.
    Effectivement: Le mot « patronyme », d’origine grecque, signifiant étymologiquement « nom du père »
    Agnatique : Famille agnatique, famille où la filiation se fait par les mâles,
    Qui appartient aux Agnats.
    Agnat : du latin agnatus : naître après, en Droit romain Membre d’une même famille, par les hommes.
    Ainsi Le fait que le nom de famille (patronyme) se transmette par les garçons est une filiation agnatique.
    Grâce à ton article, je comprend mieux les deux termes, merci à toi.
    cordialement
    Frédéric

  4. Roland Bouat says

    Bonjour,

    si je peux te rendre service, n’hésite pas. Ma mère parle souvent en occitan. Et, à 82 ans, cela lui fait très plaisir d’avoir encore la possibilité de pratiquer un peu…

  5. Marine POMMEREAU says

    Chère Brigitte, je vois que l département de l’Aude ne pouvait te faire plus plaisir ! Et que tu en as bien profité !
    Quel plaisir de découvrir ainsi toute une lignée après tant d’années de recherche !
    Merci de nous faire découvrir tout cela !
    Bonnes recherches !
    Marine

    • Brigitte says

      Merci marine

      C’est une grosse frustration de ne pas pouvoir remonter sa lignée patronymique en généalogie. Du côté de mon mari, je suis coincée dans les campagnes autour de Kiev, et je ne vois pas de solution simple, et de mon côté, sans l’accès aux archives de l’Aude, je ne pouvais pas avancer :) Enfin enfin je peux savoir d’où vient le nom que je porte :)

  6. says

    J’allais demander comment se prononçait “Billard” en ayant lu qu’avant cela s’écrivait avec “lh”. Bi-yar ou Bi-lar?
    Mais Roland a donné la réponse dans son commentaire :)

    Vive la mise en ligne des AD de l’Aude :)
    Bonnes recherches

  7. Roland Bouat says

    Pas tout à fait d’accord avec Dominique. Les instituteurs obéissaient aux ordres ministériels bien sûr. Ce n’est pas eux qu’il faut remettre en cause. Préconiser la pratique de plusieurs langues, je suis pour. Imposer la pratique d’une seule langue, je suis contre. Or, l’éradication de la pratique de l’occitan est passée par là. Ma mère se souvient du sabot porté autour du cou parce qu’on avait parlé occitan. Le seul moyen de s’en débarrasser c’était de prendre un camarade en train de pratiquer sa langue maternelle et de lui transmettre l’infamant collier. Le dernier détenteur, chaque soir, était puni. Je n’ai pas connu cette période. Toutefois, quand je suis arrivé à l’école primaire en 1958, je parlais mieux l’occitan que le français et un camarade, du même âge que moi, ne parlait que notre langue maternelle. Je regrette qu’alors on ne m’ait jamais aidé à maintenir cette pratique. Je parle l’occitan tout de même mais plutôt rarement et, comme toute langue non pratiquée, il me manque beaucoup de vocabulaire. Dante écrivait en occitan parce qu’il estimait que la langue des troubadours était la mieux à même d’exprimer exactement et lprécisément ses idées. Mes grand-mères s’exprimaient en occitan même si elles parlaient parfaitement le français. Cela les aidait beaucoup à comprendre les touristes espagnols, catalans ou italiens qui passaient par là.

    Toutes mes excuses pour cette réaction un peu épidermique mais j’ai du mal à supporter la négation des autres cultures.

    Petite note importante: le son ill comme dans Billard s’écrit lh en occitan (h mouillé). Bilhard est donc l’écriture d’origine.

    Roland, un occitan exilé en Sologne, instituteur en retraite qui a beaucoup travaillé dans les ZEP et les ZUS où, hors de la classe, on parlait presque davantage l’arabe et le turc que le français. J’ai enseigné le français mais je n’ai jamais interdit à mes élèves la pratique de leur langue dans la cour de récréation ou pour s’entraider à mieux comprendre… le français. La plupart d’entre eux sont intégrés maintenant mais j’espère qu’ils n’oublient pas leur culture d’origine.

    • Brigitte says

      tu parles un peu occitan ? peut etre pourrais je te poser quelques questions, j’ai certains mots dans un contrat de mariage, a priori de direction, qui me posent problème … et je ne trouve rien pour m’aider sur internet

    • Brigitte says

      et pour le lh dans Bilhard, mon mari m”a dit la meme chose quand j’ai trouvé cette orthographe. A priori les billard eux mêmes ont commencé à signer avec ll au lieu de lh à partir de la révolution ….

    • Brigitte says

      bienvenue en occitanie, Elodie :) un ménager, c’est un laboureur dans le sud. Pour moi qui n’ai pas une grande expérience du sud, alors que ce sont une bonne partie de mes origines, je dois avouer que je passe mon temps sur internet à essayer de trouver ce que veut dire quoi :)

      • says

        On comprend mieux pourquoi les instituteurs imposaient le français à leurs élèves, une langue commune facilite quand même la compréhension entre les uns et les autres, même si c’est parfois au détriment des langues régionales.

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