L’exeat du jeune Boris

En cette fin d’année scolaire, parlons bulletins et diplômes.

Je travaille – entre autres – en ce moment sur les papiers de la famille russe de mon mari. Classement, scan, et analyse quand j’arrive à comprendre vraiment de quoi il s’agit.

Entre 1922 et 1924, le jeune Boris Snejkovsky, grand père de mes enfants, a vécu avec ses parents en Prusse Orientale, dans la petite ville de Goldap où la famille avait rejoint Emilie Kuehner, une des soeurs d’Adèle Kuehner. Michel et Adele cherchaient comme beaucoup de Russes Blancs de l’époque où s’installer, et après quelques mois à Goldap, ils ont choisi d’aller voir ailleurs.

Leur fils Boris, qui avait 13 ans, a donc dû changer d’école, et le lycée de Goldap lui a fourni un “Abganszeugnis”, un Exeat qui nous donne des renseignements à la fois sur le niveau scolaire de Boris et sur la future étape de l’odyssée des Snejkovsky.

Abgangszeugnis Boris Snejkovsky 22 décembre 1923 - Document privé

Abgangszeugnis Boris Snejkovsky 22 décembre 1923 – Document privé

 

Le jeune Boris fréquente régulièrement l’école, où son comportement et son attention sont considérés comme très bons. Il apprend le français, travaille en allemand, et à part en écriture où son niveau est qualifié de satisfaisant, partout ailleurs il est noté comme Bon. A ceux qui comme moi au départ s’étonneraient  que ce jeune enfant russe obtienne de bons résultats dans une école allemande où il a été lâché, je précise que Adele, la mère de Boris, était d’origine allemande et parlait probablement allemand à son fils. Sans en avoir la certitude, je pense que le jeune garçon a été élevé dans les deux langues, et que les voyages autour du monde qu’il faisait depuis trois ans sur le Vladimir avec ses parents a contribué à l’ouvrir au monde extérieur et aux différentes langues qu’il côtoyait.

Cela bien sûr ne diminue pas le mérite du jeune garçon.

La partie haute du bulletin nous confirme certaines données administratives :

  • la date et le lieu de naissance de Boris : 23 juillet 1910 à Odessa
  • le nom et la nationalité de son père : Michel Snejkovsky – ou Snejkowski écrit ici à la façon polonaise -
  • la date de son arrivée à Goldap, courant 1922, où il a d’abord fréquenté la classe “Quinta” et où il est depuis Paques 1923 dans la classe “Quarta”, dont le professeur principal est le Docteur Geuzer.
  • la destination suivante des Snejkovsky : Berlin.

La famille ne va rester que quelques mois à Berlin, avant de gagner la France, où elle se fixera définitivement et où Boris demandera et obtiendra la nationalité française en avril 1937.

 

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Comments

  1. HélèneSoula says

    Brigitte, je viens de retrouver le livret. Il est édité par l’Association chrétienne des étudiants russes, 10 bd du Montparnasse.

  2. HélèneSoula says

    Je vous donnerai ce livret, il est d’ailleurs constitué de pages photocopiées par l’association concernée à partir de ses propres archives.

    Il ne vous sera sans doute d’aucune utilité généalogique mais vous donnera une idée de la vie de l’époque ; je ne sais plus où je l’ai rangé maintenant, mais si je me souviens bien on y voit des photos prises durant des activités organisées par l’asso, par exemple, et il doit bien y avoir quelques informations générales sur la vie de la communauté des Russes blancs.

    Pour vos précieuses archives : en faire don, du moins pour ce qui l’intéresse, à la Cité de l’immigration ? Ex : http://www.histoire-immigration.fr/musee/collections/la-russie-illustree-le-principal-hebdomadaire-de-l-emigration-russe-depuis-1923-n-42-335-du-10-octobre-1931

  3. HélèneSoula says

    J’ai retrouvé récemment dans mes papiers une revue d’une association d’émigrés russes blancs à Paris (j’avais fait une recherche sur ce sujet lorsque j’étais étudiante). Elle doit dater des années 1920.

    J’ignore où ont vécu vos beaux-parents, mais je peux vous passer ce livret si cela vous intéresse ; NB : je ne sais pas trop de quoi il s’agit, car c’est en russe.

    PS1 : est-ce que vous avez connu votre beau-père ?
    PS2 : bon courage pour ces recherches “quelque peu” ardues… mais tellement passionnantes !

    • Brigitte says

      Merci Hélène. J’ai récemment trouvé par facebook de l’aide pour traduire mes vieux papiers russes, je vais y aller doucement, c’est un peu complexe je le reconnais. Je vous emprunterai volontiers votre revue, nous avons à la maison un très beau fonds d’archives de cette période, en russe, d’amis de mon beau père, et nous réfléchissons à la façon de le transmettre, pour éviter qu’il parte à la poubelle après notre mort. Je n’ai pas connu mon beau père, mais j’ai souvent entendu parlé de lui, un homme passionnant, complexe et que j’aurais aimé rencontrer. Certains parcours de vie sortent de l’ordinaire, c’est le cas du sien.

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