G comme Genealogie 2.0

Fin mars se tenait à Salt Lake City, haut lieu de la généalogie mondiale, la conférence RootsTech 2013, dont les deux composantes cette année étaient la généalogie et les nouvelles technologies.

La généalogie, que les non intiiés considèrent comme un loisir de “vieux”, de gens du troisième âge tournés vers le passé, est en fait un loisir qui pousse son disciple à aborder toutes sortes de pratiques résolument modernes. Il est quasiment impensable dès qu’on dépasse une centaine d’ancêtres de tenir son arbre à la main, sur fiches, même si j’ai rencontré un généalogiste qui continuait à travailler ainsi et refusait toute idée de logiciel. Ranger ses papiers au bon endroit dans son classeur faisait partie de son plaisir, ce que je veux bien comprendre. Disons que pour 95% des généalogistes, le logiciel de généalogie est incontournable, et depuis maintenant un moment.

Mais au delà du logiciel, c’est tout le monde de l’internet et du numérique que les généalogistes abordent maintenant, et particulièrement le monde des réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Pinterest, Pearltrees  et d’autres où je ne me suis pas encore aventurée.

Source : Journal du net.com

Source : Journal du net.com

 

A quoi ca sert, me direz vous ? Je ne vais pas retrouver l’arrière grand père russe grâce à Facebook ou Twitter. Je vous l’accorde. Sur le plan juste technique de mes recherches, pour ajouter des noms et des dates à mon arbre, ca ne sert à peu près à rien.

L’intérêt n’est pas là, il est dans l’appartenance à une communauté et le partage d’informations avec des personnes qui ont les mêmes intérets que vous.

C’est là la force de ces réseaux sociaux, ils vous permettent de rencontrer “virtuellement” des personnes avec lesquelles parler de ce qui vous intéresse.

Permettez moi de vous raconter une histoire, puisque le “storytelling” était lui aussi au coeur de RootsTech 2013.

Je suis une grande fan de séries télé – à chacun son vice … – depuis que je suis petite fille, depuis que la petite lucarne est arrivée chez mes parents. Dans les années 1990, j’étais accro à une série télévisée, JAG , et avec l’arrivée de connections internet un peu plus rapides, j’ai regardé sur la toile ce qui existait concernant cette série. J’ai découvert des forums, en langue française et en langue anglaise, qui parlaient de cette série, et j’ai commencé, tout doucement, à participer à ces forums. C’était à l’époque des débuts grand public d’internet les réseaux sociaux les plus efficaces, les forums spécialisés et les chats IRC, beaucoup moins grand public. Leur intérêt résidait et réside toujours dans l’échange des idées. J’y ai rencontré des gens, aussi bien en France qu’aux Etats Unis, que je considère maintenant comme des amis, et que j’ai eu pour certains la grande joie de rencontrer ici ou là bas. Avec eux, je pouvais partager mon intérêt  sans que ma famille, lassée, ne lève les yeux au ciel. Cela a à l’époque modifié profondément l’image que j’avais d’internet et l’utilisation que j’en faisais. L’hydre un peu dangereuse qui pouvait dévorer les enfants imprudents est devenue plus fascinante et plus instructive au fur et à mesure que je l’apprivoisais. La consommatrice occasionnelle et un peu inquiète que j’étais au début est devenue une participante, j’ai appris à gérer des groupes, à animer des forums, à créer des sites – qui étonnamment sont toujours présents sur la toile et continuent tous les jours à avoir des visiteurs … , et je ne saurais pas aujourd’hui revenir en arrière et me passer de ce moyen incomparable d’information, de partage et de communication.

jagenligne

Transposons cette histoire en généalogie.

Vous avez sûrement un jour alors que vous arriviez tout heureux dans le salon avec l’acte de naissance de votre ancêtre né en 1650 trouvé après des semaines de recherches dignes de Sherlock Holmes vu votre cher et tendre ou vos enfants lever les yeux au ciel ou pousser un grand soupir avant de vous sourire avec un soupçon de pitié. Ca les gonfle de vous écouter, mais ça vous fait plaisir, alors ils font un – gros – effort. Oui, nous avons tous vécu ça.

Mais là, sur internet, sur ces réseaux sociaux tant décriés encore, si je trouve miraculeusement cet acte, que j’en fais un article sur ce blog, que je le dis sur Twitter, mes amis Facebook ou mes “followers” Twitter vont se réjouir avec moi, me féliciter, et si l’acte ou l’évènement présente un intérêt pour d’autres, vont le commenter. Nous allons partager au sujet de nos recherches, de nos découvertes, de nos découragements ou de nos réussites. Et ce partage va nous permettre d’avancer. Et un jour, à l’occasion d’un stage ou d’un congrès, nous allons rencontrer telle ou telle personne de visu, et le fait d’avoir échangé avec lui sur un sujet qui nous est commun va permettre à la conversation de se prolonger très naturellement dans la “vraie vie”.

J’entends souvent dire que les réseaux sociaux sont dangereux et qu’on trouve tous  les tordus du monde sur internet. Je ne vous dirai pas de ne pas faire attention, sur la toile comme ailleurs il faut apprendre à se protéger, mais se protéger ne veut pas dire s’enfermer à double tour les volets fermés. Ca veut dire ne pas donner sa clé à tout le monde, avoir une alarme dans sa maison. Et ça sur les réseaux sociaux, vous pouvez le faire. Et si vous ne savez pas comment vous y prendre, demandez autour de vous, vous avez surement près de vous une personne de confiance qui vous expliquera ce qu’il faut faire. Là encore, la communication est la clef.

Alors n’hésitez pas, renseignez vous, et rejoignez nous.

 

Comments

  1. Odile says

    Bien d’accord aussi ! Qui d’autres que des généalogistes pourraient partager ça ? Je le vois même sur mon blog, où beaucoup de mes lecteurs habituels, qui commentent régulièrement, ont “déserté” depuis le début du challenge. Dans ma famille, j’étais il y a quelques années considérée comme vraiment très bizarre, voire “perverse” (j’ai entendu par exemple :” mais qu’est-ce qu’elle a à vouloir remuer la m….” !!!). Cette étape est dépassée, et la plupart sont intéressés, voire admiratifs (tout arrive) du travail que ça représente. Mais c’est vraiment chez les autres généalogistes qu’on peut retrouver le même enthousiasme.

  2. Valérie says

    Que je te comprends quand tu décris tes scènes de joie impossible à partager à la maison!! Je suis dans le même cas, il ne comprend pas mon enthousiasme, ma ténacité parfois à chercher une info, les heures passées à dépouiller les recensements d’une commune et à les intégrer dans une base !

    Vive les réseaux sociaux :)

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